Le pic d'Aneto - 3404 m
La punta Oliveras-Arenas - 3298 m
Le shéma de la randonnée
Ascension réalisée la dernière fois le 02 juillet 2016 par la voie normale, et retour par la vallée de Barrancs
Je l'avais déjà faite 2 fois depuis la France, lors d'un magnifique circuit de 3 jours, mi-juillet 1990 et le 26 juin 2004.

Jouxtant l'Aneto, la punta Oliveras-Arenas peut se "gravir" au retour.


Difficultés
  • Itinéraire parfois peu évident entre la Rencluse et le portillon supérieur, passage important qu'on peut facilement dépasser sans le voir, se retrouvant ainsi su le chemin de la Maladeta
  • L'encordement est fortement recommandé dans la traversée du glacier
  • Le Pont de Mahomet, arête facile (escalade F) qui donne accès au sommet, est étroite, et sutout très aérienne. On pourra s'y encorder également.
  • Informations générales
    Départ : Plateau de la Bersurta (~1900 m), au terminus de la vallée de Benasque (Espagne).

    Accès routier depuis la France par St Lary et le tunnel de Bielsa ou, plus à l'Est, par St Béat et le tunnel de Vielha (légèrement plus rapide).
    On dépasse le village de Benasque pour monter au terminus de la route : parking sur la gauche (une barrière interdit l'accès au delà, en période estivale), juste avant l'hospice de Benasque.
    Une navette permet de rejoindre, en 10 minutes, le terminus de la Besurta (vous pouvez consulter ici les horaires des navettes).

    Matériel : Corde pour le glacier et l'arête terminale, crampons et piolet
    Carte espagnole Alpina "Maladeta/Aneto"
    Horaire : 5h15 / 5h30 de la Besurta au sommet (45 minutes de moins au départ du refuge de la Rencluse)
    Dénivellation : 1550 m environ. (1300 m environ depuis le refuge de la Rencluse)

    Le circuit (3 jours), au départ de l'Hospice de France (1385 m), en vallée de Luchon
    Pour plus de détails sur la partie française de la boucle, on se reportera au topo détaillé du circuit Hospice de France - port de Vénasque - port de la Picade - hospice de France, très belle randonnée d'une journée réalisée à une autre occasion.
    Concernant les possibilités de camping, rendez-vous dans les Conseils & remarques, en bas de page.

  • premier jour : De l'hospice à la Besurta, par le pas de l'Escalette et le port de la Picade (2470 m - ~1150 m de dénivellation)

    Du parking de l'hospice de France, on s'engage dans la forêt pour suivre l'itinéraire numéro 23, balisé de jaune, en direction du plateau de Roumingaou, dont on franchit la clôture après 0h45. Un panneau nous donne la direction du pas de l'Escalette, et on franchit à nouveau la clôture 15 minutes plus tard.
    On monte dans la prairie pour atteindre la dépression du pas de la Montjoie (2069 m, 1h40 au total), marquée par une borne frontière.
    De là, 0h50 sont nécessaires pour arriver au pas de l'Escalette (2396 m).


  • 768 x 576 (145 K)
    Le sentier descend légèrement sur le versant espagnol pour remonter ensuite vers le port de la Picade, dont l'abord est, en début de saison, défendu par une petite corniche de neige (3h35 depuis l'hospice de France, arrêts compris)

    576 x 768 (92 K)
    Sous les ports de la Picade et de Vénasque s'étend un plateau chaotique, que l'on rejoint en une vingtaine de minutes, et d'où l'on a une vue magnifique sur le massif de la Maladeta.

    768 x 515 (121 K)

    1752 x 500 (289 K)
    On remarque des cairns sur la gauche, en bordure du plateau, qui permettent de rejoindre le chemin descendant en large lacets vers le fond de la vallée et la route, qu'il rattrape au plan d'estan (1850 m, 0h40 du plateau).
    On remonte cette route vers l'Est pendant quelques minutes pour aboutir au parking de la Besurta (1900 m, abris avec tables et bancs, buvette, terminus des navettes montant de l'hospice de Benasque).

  • deuxième jour : ascension de l'Aneto.

  • troisième jour : De la Besurta à l'hospice de France, par le port de Vénasque (2444 m).

    Du parking, on descend la route un court instant pour retrouver, sur la droite, le chemin qui permet de remonter au plateau, sous les ports de Vénasque et de la Picade (1h10 de la Besurta, arrêts compris).


  • 768 x 576 (144 K)
    Le chemin passe près d'un petit étang et s'incline à l'Ouest, avant de revenir au Nord en décrivant quelques lacets pour aboutir au port de Vénasque (35 minutes de plus).
    On entame, versant français, la descente vers les boums du port et leur refuge (le sentier peut ici être recouvert, en début de saison, par des névés parfois délicats)

    768 x 576 (145 K)

    768 x 576 (155 K)

    768 x 576 (161 K)
    avant d'emprunter la longue et fastidieuse série de lacets qui mène à l'hospice de France (4h15 / 4h30 au total, arrêts compris, variable en fonction des névés et éboulements rencontrés).

    L'ascension
    On emprunte le routin qui part au S.E. au bout du parking de la Besurta (et qui conduit au Forau de Aiguallut). Après 200 m à peine, un sentier quitte le routin sur la droite pour s'élever bientôt au Sud. Après quelques minutes de montée, on rencontre une bifurcation (panneau) avec un sentier qui part à gauche (Est) et conduit, lui aussi, au Forau de Aiguallut. Nous prenons à droite, en direction du refuge de la Rencluse pour monter en lacets faciles vers le Sud, parmi les arbres claisemés. On atteint le refuge (2140 m) en 45 minutes.

    1024 x 768 (121 K)
    Le sentier passe devant les bâtiments pour trouver, après quelques dizaines de mètres, une bifurcation. On délaisse le chemin de gauche, qui monte à l'Est vers les arbres et le col de la rencluse, pour commencer à s'élever au Sud dans les rochers, sur la gauche en contrehaut de l'axe du vallon.
    L'itinéraire devient ici moins évident, principalement en raison du trop grand nombre de cairns ! Certains nous embarquent plus à gauche, vers le pic de la Rencluse (nous les avons suivi une fois, à la montée), les autres restent plus près de l'axe du vallon (a priori préférables). Ils finiront par se rejoindre vers 2500 m. Un bon indicateur : suivez la foule !
    On peut recontrer la neige plus ou moins haut selon les années (vers 2400 / 2500 m, en 2004 et 2016), et chausser les crampons si elle est dure.
    Nous sommes maintenant proches de l'arête des portillons, parallèlement à laquelle la montée se poursuit.

    1024 x 503 (170 K)

    1024 x 768 (188 K)
    La trace était alors facile à suivre, et nous a mené sans problème au portillon supérieur (2870 m), brèche permettant le passage vers le glacier, en 3h00, arrêts compris.

    En juillet 1990, en l'absence de neige, les cairns trop nombreux nous avaient égarés dans les chaos d'éboulis, et nous avions continué trop longtemps en direction de la Maladeta, ratant le passage du portillon supérieur, et perdant 1h00 à monter inutilement, puis à chercher vainement comment rejoindre le glacier. Finalement, nous étions redescendus le long de la crête pour retomber miraculeusement sur le portillon.
    Il faut, vers 2800 m, surveiller à gauche (Est) et repérer un abaissement du ressaut rocheux, vers lequel on oblique pour le surmonter facilement, avant de le prendre en écharpe vers l'Est. On découvre le portillon au dernier moment.


    Itinéraire 768 x 663 (141 K)

    768 x 576 (106 K)

    484 x 768 (133 K)
    Du portillon, on descend un petit couloir raide de rochers et d'éboulis pour rejoindre le glacier. La trace (variable, en fonction de l'état du glacier) y est parfaitement visible et remonte régulièrement vers la cuvette du col de Coronas, où le vent nous accueille avec des rafales qui manquent de nous faire tomber !
    (3198 m, 4h25, arrêts compris)
    Mi-juillet 1990, nous n'avions eu besoin de chausser les crampons qu'à partir de là.

    768 x 576 (89 K)

    768 x 576 (83 K)

    768 x 484 (127 K)

    1481 x 500 (181 K)
    La pente se redresse soudain à l'approche du sommet. On la gravit néanmoins sans problème pour aboutir à l'antécime de l'Aneto (5h15, arrêts compris).
    Quelques dizaines de mètres peu pentus nous séparent du sommet. Entre lui et nous : le fameux pont (ou pas) de Mahomet. C'est une arête étroite et bordée par un vide impressionnant, mais les prises sont grosses et le rocher stable. Je l'avais franchi encordé en 1990 ; je suis passé cette fois sans corde ni appréhension, et 10 minutes d'une escalade facile nous mènent au sommet.

    768 x 562 (126 K)

    768 x 576 (144 K)

    768 x 484 (130 K)
    1er juillet 2016 : Nous montons dans les nuages depuis 3100 m environ, et l'éclaircie tant espérée n'aura pas lieu. Un brouillard dense nous empêche de voir à plus de 20 mètres. La foule bruyante, agglutinée sur l'antécime, m'évoque ces documentaires montrant des colonies compactes de Fous de Bassan se pressant à flanc de falaise. Il faut attendre 20 à 30 minutes avant pour pouvoir enfin s'engager sur le pont de Mahomet.
    Non, décidément, je ne vais pas dans les Pyrénées pour ça. Je reviendrai à l'Aneto à une période plus calme.

    1024 x 768 (69 K)

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    La Punta Oliveras-Arenas (3298 m), et le retour
    La punta Oliveras-Arenas est un 3000 secondaire facilement accessible, situé entre l'Aneto et le col de Coronas, qu'elle domine de sa falaise.

    De l'Aneto, on prend la même trace qu'à la montée pendant quelques minutes, tout en guettant sur la gauche le meilleur moment pour la quitter et se diriger vers la punta, en une courte "promenade" horizontale. On arrive à l'aplomb du sommet, que le franchissement facile de quelques mètres de rocher suffit à atteindre (3298 m, 10 minutes depuis l'antécime).


    768 x 576 (65 K)

    1024 x 466 (137 K)
    Il ne nous faudra, malgré ce petit détour, que 20 minutes en tout pour revenir au col de Coronas.
    Le portillon supérieur est atteint 1h00 plus tard.
    3h05 au total, arrêts compris, nous seront nécessaires pour rejoindre la Besurta.

    Le retour par la vallée de Barrancs (01-07-2016 - 4h00 pour rejoindre la Besurta, arrêts compris)
    Bien moins fréquentée que l'itinéraire du Portillon, cette autre "voie normale" traverse le glacier dans sa largeur et permet de visiter la partie inférieure de la vallée de Barrancs.
    Descendant du sommet, nous arrivons rapidement sous le col de Coronas, à l'aplomb duquel nous trouvons une trace qui s'écarte de celle du Portillon : c'est là que nous amorçons la descente transversale vers la vallée. Les nuages, très denses le matin à cet endroit, sont heureusement suffisament remontés pour nous permettre de naviguer à vue.

    1804 x 500 (206 K)
    La descente, parfois assez raide, s'effectue sans encombre vers le N.E., dans une neige molle où l'on glisse facilement. Succédant à ce qui reste du glacier, les névés nous permettent d'arriver rapidement vers 2400 m, en nous rapprochant du fond d'un ravin où descend un torrent de fonte. Le dernier pont de neige, qui menace de céder sous nos pas, traverse le torrent de droite à gauche, et nous abordons une trace cairnée dans les éboulis malcommodes de la moraine frontale.
    5 minutes plus tard, nous atteignons le fond de la vallée, en aval du lac de Barrancs.

    1024 x 768 (339 K)

    Itinéraire 1024 x 844 (290 K)
    Le sentier, maintenant balisé en rouge et blanc, reste sur la droite du torrent, traversant un terrain encore chaotique et parsemé de gros blocs, où l'on progresse laborieusement. Il devient plus facile à l'approche du plan d'Aiguallut, que l'on aborde après le passage d'un ultime goulet.

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    A l'arrivée au plateau (env. 2030 m), un panneau indicateur jaune nous informe des différents itinéraires.
    A gauche, une passerelle traverse le rio Esera et un chemin coutourne le plateau par la gauche (Sud). Il permet de rejoindre directement le col de la rencluse (+250 m de dénivelé) pour redescendre sur le refuge. Comme nous y avions laissé notre matériel, c'est ce que nous avions initialement prévu de faire.
    Mais il ne passe pas par le trou du Toro ! Et comme nou voulions le visiter, nous avons pris le sentier de droite, qui contourne le plateau par le Nord. Parvenu à son extrêmité Ouest, il descend le long de la belle cascade d'aiguallut pour arriver rapidement au Forau d'aiguallut, ou trou du Toro (env. 2020 m).
    Ce détour nous vaudra, une fois revenus à la Besurta, de remonter au refuge récupérer nos affaires. Mais la majesté et la beauté de l'endroit le méritait amplement.

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    Le forau de Aiguallut, aussi communément appelé trou du toro, est une doline formée par l'effondrement d'une grotte, où s'accumulent les eaux du glacier de l'Aneto. Une partie disparaît là sous terre pour ressortir sur le versant français, au goueil de Jouéou, et grossir les eaux de la jeune Garonne. L'autre partie ressort un peu plus bas pour continuer le rio Esera
    (2020 m, environ 2 km de la Besurta)

    576 x 768 (190 K)

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    Remarques diverses et conseils éventuels
    La meilleure saison
    Mieux vaut réaliser cette randonnée en début de saison (avant mi-juillet) pour bénéficier d'un bon état d'enneigement du glacier et ne pas trouver de crevasse sur sa route.
    La neige facilite également la progression sur le terrain désagréable qui mène au portillon

    Sécurité sur le glacier
    Il est naturellement plus prudent de s'y encorder. Comme sur le glacier d'Ossoue, dans l'ascension du Vignemale, les nombreuses caravanes ont creusé une trace parfaitement visible, et la grande fréquentation donne une impression de sécurité. Mi-juillet 1990, Nous avions pourtant enjambé au retour, dans la chaleur de l'après-midi, une crevasse à peine ouverte que nous n'avions pas vue le matin !
    En juillet 2016, nous n'avons pas vu la moindre crevasse à la montée, ni même lors de notre descente pour rejoindre la vallée de Barrancs

    Le bivouac
    De la Besurta, on peut s'avancer vers l'Aneto en couchant au refuge de la Rencluse, à 2140 m (très fréquenté ; réserver absolument), où bivouaquer autour du refuge, ou 100 m plus haut sur la gauche, au lac de Paderna.
    Depuis 1994, date de la création du parc naturel Posets-Maladeta, le camping est interdit (En 1990, il existait encore à la Besurta une "zona de acampada" dotée de petits sanitaires, où l'on pouvait laisser la tente pour une somme modique).
    Nous avons néanmoins planté la tente sur les hauteurs à l'écart du parking, respectant la régle assez répendue du "montage après 21h00, démontage avant 7h00", moyennant quoi tout s'est bien passé.
    La règle semble étrangement beaucoup plus souple aux abords du refuge de la Rencluse !!!
    En juillet 2016, nous avons campé près du refuge, où nous avons diné et pris le petit déjeuner (à 5h00). Nous avons pu y laisser nos affaires de bivouac dans un casier, pour la journée de l'ascension. Ce qui nous a valu de remonter les chercher, puisque nous sommes descendus par le trou du toro !

    Le pont de Mahomet
    Il n'est pas très large, et rares sont les plateformes où l'on peut se croiser. Sachez donc attendre votre tour pour vous y engager et ne pas bloquer les autres cordées.
    Ce pont, maintenant souvent nommé "pas" de mahommet, a bien été baptisé pont par ses premiers ascensionnistes, en référence à celui de la mythologie musulmane, aussi fin qu'un cheveu, coupant comme une lame de sabre, et que seules peuvent franchir les âmes des justes.

    A lire : Un excellent ouvrage sur l'Aneto et sa conquete : L'Aneto et les hommes, de Jean Escudier