Le pic de Cambalès - 2965 m
Le shéma de la randonnée
Rude ascension que celle de ce pic magnifique, réalisée sur deux jours, les 23/24 août 2008, par la voie normale

Difficultés
Itinéraire chaotique et hors sentier à partir du grand lac de Cambalès, à ne surtout pas faire dans le brouillard.
Terrain d'éboulis et de gros blocs, parfois instables, nécessitant beaucoup de gymnastique et une attention constante.

Informations générales
Départ : Parking du Pont d'Espagne (1459 m), en vallée de Cauterets
tarif 2012 : 5,5€ pour 1 à 12h, 8€ au delà (le tarif pour 1h semble avoir disparu... voir sur le site de Cauterets pour tous les détails).
Etape : Bivouac au grand lac de Cambalès (2342 m)
Matériel : Pas de matériel particulier en l'absence de neige
Cartes IGN Top 25 1647 OT "Vignemale"
Horaire : 2h30 depuis le grand lac de Cambalès, arrêts compris
Dénivellation : Environ 950 m pour le lac, 550 m de plus pour le pic.

Du Pont d'espagne (1459 m) au grand lac de Cambalès (2342 m) - ~11 km - 3h45
Cliquez ici pour cette partie du trajet...

Du grand lac de Cambalès au sommet - 2h30 arrêts compris - ~3 km
On arrive donc à droite du déversoir du grand lac de Cambalès (2342 m), que l'on traverse facilement pour suivre à gauche, une petite sente qui longe la rive en s'élevant très légèrement. Après une centaine de mètres, elle oblique à gauche (cairns, trace) pour grimper d'un coup vers la crête de Cambalès, arc-boutant massif, orienté Est-Ouest, qui semble épauler le pic et s'étire sur la gauche du lac.
On atteint en à peine 10 minutes une échancrure qui permet d'admirer le grand lac d'Opale

768 x 576 (129 K)

1024 x 470 (191 K)

576 x 768 (146 K)
puis on attaque par son flanc droit le ressaut qui marque le début de la crête. Après 30 minutes d'une montée raide mais sans difficulté, on prend pied sur le faîte de la crête (sur le premier mamelon, ou dans le petit creux juste à l'Ouest).

768 x 770 (242 K)

768 x 576 (195 K)

768 x 576 (210 K)
On avance ensuite sur le "fil" de cette croupe, encore herbeuse mais qui s'encombre déjà d'éboulis. On les évite d'abord au mieux, quelques mètres à gauche, puis à droite, jusqu'à ce qu'il devienne impossible d'y échapper. Commence alors une gymnastique fastidieuse dans de gros blocs, généralement assez stables, mais qui demandent une attention constante. On avance sans beaucoup s'élever, découvrant progressivement le vallon d'Aragon, et dépassant le premier verrou qui le coupe transversalement, témoin de l'ancienne présence du glacier d'Aragon.

Après 1h00 (arrêts compris), on descend de quelques mètres pour se retrouver au pied d'un important ressaut de la crête, qu'on abandonne ici car les cairns s'en éloignent vers la gauche pour remonter vers le second verrou.
Vu d'ici, le vallon présente l'aspect rébarbatif et sauvage d'une vaste cuvette d'éboulis chaotiques et de débris rocheux, coupée par une barre de gravats. J'ai rarement eu la sensation d'un tel abandon et d'une aussi grande désolation.

On traverse un petit ravin pour continuer à avancer à peu près parallèlement à la crête de Cambalès, sur le bourrelet le plus proche. Puis les cairns nous conduisent progressivement vers l'axe du vallon, traversant au mieux les ravins de gros blocs pour passer d'un bourrelet d'éboulis à l'autre (on passe, entre autre, près d'un empilement géométrique formant comme une colonne de deux ou trois mètres, repère assez remarquable si l'on a perdu les cairns). Le dernier bourrelet nous conduit au pied d'un mamelon d'éboulis, sous le col d'Aragon.


768 x 576 (208 K)

Itinéraire 768 x 543 (195 K)
Il se remonte en décrivant un arc de cercle qui part sur la gauche avant de revenir vers la droite, au pied du dernier ressaut (1h40 arrêts compris).
Celui-ci peut se remonter tout droit, dans un couloir terreux redressé et très croûlant, ou en suivant les cairns qui partent un peu sur la gauche dans les éboulis. Pour avoir pris le couloir à la montée, je crois que suivre les cairns est plus "confortable" ! On débouche enfin au col d'Aragon (1h55 arrêts compris - 2808 m), où la vue est assez réduite, même si l'on aperçoit déjà le Balaïtous.

1024 x 558 (274 K)

768 x 576 (256 K)
Du col, on bifurque complètement à droite (Nord) pour gravir la face Ouest du Cambalès. Quel contraste entre pente raide mais facile du versant espagnol, et les immenses falaises du versant français ! De petits bouts de sente apparaissent par endroit, mais c'est encore un terrain d'éboulis et des gros blocs qui se présente. Après 5 minutes, on passe au fond d'une brèche profonde qui entaille la crête

576 x 768 (191 K)
puis on suit les cairns, une bonne dizaine de mètres en contrebas de la crête, dont on se rapproche après un vingtaine de minutes (depuis le col). Scellées dans l'ombre d'un rocher, deux plaques rappellent la mémoire d'un pyrénéiste, disparu ici en février 1936 (mais on peut ne pas les voir, selon où l'on passe). On se rapproche de plus en plus de l'arête sommitale pour terminer sans problème sur le fil (mais on peut l'éviter) pour la dernière minute.

Sommet du Cambalès - 30 minutes du col d'Aragon, 2h30 au total, arrêts compris - 2965 m.
Panorama superbe, vue magnifique sur le Balaïtous, tout proche.


1024 x 417 (179 K)

1200 x 363 (147 K)

1200 x 425 (180 K)
La descente n'étant pas beaucoup plus rapide que la montée dans ce genre de terrain, nous sommes revenus au grand lac de Cambalès par le même itinéraire en 2h05.

Remarques diverses et conseils éventuels
Cette ascension est très (trop) longue pour la journée, à moins d'être un marcheur hors pair, ou en excellente condition physique. Je ne suis pas le premier, et j'ai trop rarement la seconde, ce qui m'a valu de "caler" dans les éboulis de la crête de Cambalès à ma première tentative.
Certains topos-guides conseillent de faire étape au refuge Wallon, ce qui est encore trop bas à mon avis, surtout si vous avez de la route à faire le soir. Dormir aux lacs de Cambalès me semble la meilleure solution pour aborder le pic par ce côté.