Les pics d'Enfer - 3073 - 3082 - 3076 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée réalisée le 26 juillet 2008 avec ascension par la voie normale et descente par l'arête S.O., lors d'un circuit de 3 jours, montant par les lacs Azules et revenant par les lacs de Pondiellos.

Difficultés
On les rencontre surtout à partir du col d'Enfer :

  • éboulis et cailloutis raides et croûlants, où l'on s'aide quelquefois des mains ; itinéraire multiple et parfois confus dans la face N.O., avant l'arrivée au Garmo Blanco
  • Puis sentier en vire à flanc de falaise, facile mais qui peut impressionner
  • Le pic central est accessible par une taillante relativement "large", mais qui peut impressionner les randonneurs qui n'aiment pas avoir le vide des deux côtés.
  • La descente par l'arête S.O. vers les lacs de Pondiellos n'oppose "que" des pentes herbeuses raides.
    La descente sur les bains de Panticosa, depuis le col de Pondiellos, est raide dans sa partie supérieure, où l'on peut trouver des névés pentus.

    En début de saison, des névés pentus et exposés peuvent compliquer la progression dans les faces très raides des pics, ainsi que sous le col de Pondiellos, et nécessiter l'usage des crampons et du piolet, réservant cette ascension aux randonneurs expérimentés.

  • Informations générales
    Départ : "Parking" des Baños de Panticosa (1636 m), au terminus du Val de Tena (Espagne).
    Accès depuis la France par Laruns et le col du Pourtalet.
    Matériel : Crampons et piolet, dès que l'enneigement laisse craindre des névés mal placés
    Carte Alpina "Panticosa-Formigal" au 1:25000 (dont les cotes diffèrent parfois légèrement de celles de l'IGN)
    Horaire : voir plus bas, pour chaque étape.
    Dénivellation : 800 m environ, le premier jour (lac Azul inf.)
    800 m environ, le deuxième jour (ascension des pics)
    100 m environ de montée au col de Pondiellos, puis 1200 m de descente vers les Bains.

    Accès en voiture
    Il faut dans un premier temps rejoindre Laruns, d'où l'on monte au col du Pourtalet. De là, la route redescend entre les téléskis vers Formigal, puis Sallent, dépasse le grand lac de Lanuza et le village d'Escarilla, peu après lequel on tourne à gauche pour suivre la direction de Panticosa. On dépasse ce dernier village pour poursuivre encore 8 km vers les baños de Panticosa.

    L'accès aux bains est réglementé, et on ne peut aller en voiture jusqu'au terminus que si l'on a réservé (si l'on est client de l'hôtel, du refuge, des thermes,...), et un garde filtre les entrées.
    On doit donc se garer le long de la route (beaucoup de voitures le week-end) ou sur les rares petits parkings, et faire le dernier kilomètre à pied.

    Un parking semblait en contruction (en juillet 2008) juste avant le poste de contrôle.


    576 x 768 (178 K)

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    Le circuit (3 jours), au départ des bains de Panticosa (1636 m), en Val de Tena
    Premier jour : montée des bains au lac Azul inférieur (2380 m), par le lac de Bachimaña.
    Il nous a fallu 3h25 de la voiture au lac, mais nous étions chargés et nous avons fait de nombreux arrêts.

    Deuxième jour : Ascension des pics d'Enfer par la voie normale, et descente aux lacs de Pondiellos (~2710 m) par l'arête S.O.
    Nous aurions pu passer tout de suite le col du même nom et arriver au bains vers 18h00, mais il restait encore la route du retour, et nous avions prévu une autre ascension...

    Troisième jour : passage du col de Pondiellos, ascension du Garmo Negro, puis retour aux Bains de Panticosa.

    Pour les endroits où bivouaquer, on se reportera aux Conseils & remarques, en bas de page.


    Des Bains de Panticosa (1636 m) au lac Azul inférieur (2380 m) - 3h25 chargés, arrêts compris
    Une fois passé le lac à l'entrée des bains, Il faut aller tout à gauche au fond de la station pour trouver le refuge de la casa de piedra, grande bâtisse de pierre grise (qui peut constituer la base de départ pour l'ascension). Le chemin prend sur sa droite, indiqué par un panneau "glaciar del infierno" et une pancarte explicative. On suivra les marques rouges et blanches du GR 11, mais elles sont au début peu nombreuses ou très effacées.
    Le chemin monte assez rudement, en lacets serrés à gauche du torrent, dans la gorge qui entaille le fond de la vallée. On passe, après 15 minutes, près d'un cabanon et d'une antenne pour trouver, juste après, un petit promontoire et une première cascade, au dessus de laquelle un chemin part à droite, traversant une passerelle. Il ne faut pas le suivre, mais continuer à gauche (cairns). La montée se poursuit pour atteindre (35 minutes) la cascade del pino.

    Le chemin, un peu chaotique, finit par sortir de la gorge pour déboucher sur un petit replat herbeux (50 minutes, nombreux arrêts compris). Le sentier se fait plus calme et redescend même un peu avant de rejoindre la base du grand ressaut (1h20 ) qui retient le lac de Bachimaña. Il monte alors en lacets sur la gauche du ressaut et parvient à une première retenue d'eau : le lac inférieur de Bachimaña, au bout duquel se dresse un grand barrage (2h00, arrêts compris - ~2190 m).


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    Après un quart d'heure de pause, nous repartons pour monter encore un peu sur la gauche et passer en contrehaut du barrage et du lac supérieur de Bachimaña (2207 m), tournant progressivement à gauche (Ouest) pour en suivre la rive. Peu avant le bout du lac, une inscription rouge, bien visible sur un rocher, nous donne la direction des lacs Azules : sentier de gauche, toujours le GR 11 (2h55 arrêts compris).
    On descend alors légèrement pour rejoindre, à l'extrêmité Ouest du lac, un plateau où le torrent serpente, formant de petites oulètes. Le sentier le traverse à gué pour reprendre la montée sur la droite. Mais une trace continue sur la gauche du torrent, sans le traverser, et c'est celle que nous avons choisie. Après 3h10 (arrêts compris), on trouve un nouveau petit replat, à l'aplomb du barrage du lac Azul inférieur, vers lequel on grimpe. Après quelques minutes, on traverse vers la droite le ruisseau issu du barrage, et l'on débouche rapidement au lac Azul inférieur (3h25 depuis la Casa de Piedra, arrêts compris - 2380 m).

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    Du lac Azul inférieur au col d'Enfer (2721 m) - 1h25 chargés, arrêts compris

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    Du barrage du lac inférieur, on traverse tout de suite le déversoir, sur la droite. Le chemin monte d'un coup d'une quinzaine de mètres pour passer en contrehaut sur la droite du lac, un moment à flanc de rochers et demandant un peu d'attention. Il ne faut que 15 minutes pour atteindre le lac Azul supérieur (~2400 m).
    On traverse quelques gros blocs vers la droite pour contourner le lac, débouchant sur un petit plateau marécageux où l'on suit les marques du GR 11 en évitant l'eau au mieux. On tire sur la gauche, au fond du plateau, pour entamer la montée vers le col qui ne pose aucun problème, de grands névés facilitant même la progression sur les pierriers (on croise au passage un petit "point de vue" aménagé, au pied du glacier d'Enfer). Nous atteignons le col d'Enfer en 1h25 arrêts compris - 2721 m).

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    Du col d'Enfer au pics d'Enfer - 1h30 chargés, arrêts compris
    On abandonne ici le GR 11, qui file sur la droite au dessus du lac de Tebarray pour rejoindre le col de Piedrafita.
    La trace et les cairns qui nous intéressent partent sur notre gauche à l'assaut de la face N.O. des pics d'Enfer.

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    Facile à suivre au début, l'itinéraire se multiplie avec les cairns. Deux options se présentent, dictées par l'emplacement des névés :
  • Des cairns partent en traversée montante dans les éboulis, passant sous les névés, et rejoignant l'arête Ouest, en face de nous, le long de laquelle il doit falloir remonter.
  • D'autres zigzaguent dans les éboulis plus à gauche, louvoyant entre les ressauts rocheux, pour passer au dessus des névés, et se rapprochent de l'arête N.O. au dessus de nous à gauche.
    Nous avons opté pour cette deuxième solution.

  • Itinéraire 768 x 576 (232 K)
    La trace se fait plus raide et l'on progresse dans des éboulis souvent instables, alternant avec une trace de terre et de cailloutis, remontant de petits couloirs où l'on doit s'aider des mains. On se rapproche ainsi de l'arête à gauche, sans chercher à l'atteindre.

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    On remonte alors en restant en contrebas de l'arête, pour finir en traversée vers l'arête Ouest et arriver non loin du sommet du Garmo Blanco, visant une petite selle où se découpe un cairn assez gros (0h55 depuis le col, arrêts compris).
    Une trace peu marquée semble descendre sur le versant opposé (face Ouest), plutôt raide, aussi ne nous attardons-nous pas, et montons directement au sommet du Garmo Blanco (2960 m), qui n'est qu'à trois minutes. De ce noeud d'arêtes, nous contemplons la crête qui le relie aux pics d'Enfer avec un certain découragement.

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    Nous nous accordons une pause avant de revenir sur la petite selle, près du cairn. Nous finissons par descendre prudemment de quelques mètres au Sud, sur une trace de terre/cailloutis fuyante pour découvrir, sur notre gauche une trace bien marquée et cairnée, courant à flanc de falaise, plus ou moins à la limite des schistes rouille et de l'immense dalle de calcaire blanc. C'est donc bien là la voie normale, même si ce n'était pas évident au premier abord.
    Cette trace forme une sorte de petite vire qui remonte progressivement (mais elle redescend un peu par endroits) vers un petit col, à la limite entre rochers rouille et rochers blancs. Elle est assez impressionnante, car à flanc d'une immense et très raide paroi, mais plus facile et franche que les pierriers précédents, même si l'on doit parfois s'aider des mains.
    Il nous faudra 25 minutes, arrêts compris, pour parcourir cette vire facile qui se redresse un peu juste avant d'aboutir au petit col, sur l'arête Sud-Ouest. Le sommet occidental n'est plus qu'à quelques minutes à gauche au dessus de nous, accessible sans problème par une sente raide de cailloutis terreux.

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    D'un Enfer à l'autre...
    On débouche donc à 3073 m, au sommet occidental des pics d'Enfer.

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    Il faut franchir, pour rejoindre le sommet central - le plus haut - une taillante d'une bonne centaine de mètres, partie supérieure des grandes falaises calcaires.
    On commence par descendre de quelques mètres à l'Est, dans les schistes du pic occidental, avant de prendre pied sur la taillante. Elle est plus large qu'il n'y paraît, et la seule difficulté réside dans son exposition au vide, qui peut impressionner. Mais le rocher y est bon, et l'on ne s'aide que rarement des mains, progressant la plupart du temps sur le fil même. A l'approche du sommet central, la trace évite les rares "difficultés" par la droite ou la gauche, mais sans jamais s'éloigner du fil. On reprend pied sur les schistes, et la crête remonte en s'élargissant un peu. On arrive ainsi, en 10 minutes, au sommet central, à 3082 m.

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    Le pic oriental est maintenant tout proche. La trace terreuse redescend d'une trentaine de mètres dans les rochers pour atteindre le fond d'une brèche et remonte d'autant, sans poser de problème, pour déboucher en 10 minutes supplémentaires au sommet oriental (3076 m)
    On reviendra par le même chemin.
    Remarque : dans la brèche on voit, descendant au Sud, la trace très raide du couloir Sud, autre "voie normale" vers les lacs de Pondiellos, bien moins engageante pourtant que la facile arête S.O.

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    Des pics d'Enfer aux lacs de Pondiellos (2710 m), par l'arête S.O.
    Du sommet occidental, on revient en quelques minutes, par le même chemin qu'à la montée, au petit col sur l'arête S.O.
    Mais au lieu de reprendre la vire à flanc de falaise sous le Garmo Blanco, nous poursuivons la descente de l'arête, en suivant une trace relativement visible. La mauvaise caillasse fait vite place à une pente plus herbeuse où la descente est facile, toujours un peu sur la gauche de l'arête.
    Dans son article (voir les Conseils & remarques, en bas de page), G.Raynaud mentionnait une vire facile qui permettait d'éviter les dalles à la base de l'arête. Comme il avait emprunté cet itinéraire à la montée, nous nous attendons donc à devoir, à un moment, obliquer à gauche pour rejoindre cette vire, qui devrait logiquement revenir ensuite à droite. Le tout est de ne pas le faire trop tôt, pour ne pas se heurter au relief tourmenté.

    Itinéraire 576 x 768 (185 K)
    Les cairns sont assez rares, mais la descente reste facile et, après environ 30 minutes, la pente s'accentue et un cairn semble vouloir nous mener dans un couloir plus raide encore, vraiment peu engageant ! Nous décidons de piquer alors franchement à gauche, nous éloignant de l'arête, descendant au mieux dans l'herbe, en nous dirigeant à vue vers une grande pente d'éboulis partiellement recouverte par un névés, et dans laquelle nous pourrons éventuellement finir la descente. Mais après une dizaine de minutes, la sortie de la vire apparaît juste sur notre droite : c'est une bande herbeuse qui descend doucement sous de larges dalles, et qui nous permet d'atteindre rapidement les lacs de Pondiellos.
    Nous contournons par la droite le premier petit lac au pied de l'arête, pour remonter d'une vingtaine de mètres au Sud sur la large croupe transversale qui le sépare du grand lac suivant, et où nous planterons la tente.

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    Des lacs de Pondiellos aux bains de Panticosa - 3h00 / 3h30 arrêts compris

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    On suit vers l'Est la longue croupe d'herbe et de rocs où nous avons bivouaqué jusqu'à approcher l'arête Sud, qui descend du pic central d'Enfer. On en contourne alors la base dans les éboulis en essayant de ne pas perdre d'altitude, marchant toujours à l'Est vers le col Sarettes (2830 m - Baptisé ainsi par Russell, en l'honneur du guide qui l'accompagnait alors dans cette région).
    On ne monte pas vers ce premier col, mais on passe dessous en virant à droite, dans les éboulis ou les névés, continuant à flanc au dessus du grand lac de Pondiellos. On s'élève alors en direction du col de Pondiellos, (2810 m), que nous atteignons 30 minutes après avoir quitté notre campement, arrêts compris.

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    Côté Est, un névé très pentu couvre le pierrier. Sans crampons ni piolet, nous optons, un peu plus à gauche, pour un névé moins raide, mais malheureusement moins long, ce qui nous imposera un peu de gymnastique dans une zone de gros éboulis où quelques cairns nous guident. Nous rejoignons ainsi la base, moins pentue, de l'autre névé, que des cairns nous invitent à traverser, et arrivons tout de suite à un cairn plus gros d'où nous repérons, quelques mètres en dessous, le chemin des bains de Panticosa.
    Nous sommes aux alentours de 2600 m, et cette descente nous à pris 25 minutes

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    Nous avons laissé nos sacs ici pour faire l`ascension du Garmo Negro, avant de revenir les prendre pour rejoindre enfin les bains.
    A droite donc (S.O.), une sente bien marquée qui monte en contournant la base du Garmo Negro. A gauche (N.E.), le chemin de retour aux bains. Il descend vivement vers l'Est le long d'un ruisseau, le franchit, passe un petit replat, et reprend sa route à l'Est sans prendre la peine de faire beaucoup de lacets, raide trace de terre dans la pente herbeuse, longeant d'assez loin l'arête qui descend du pic de pondiellos. Après une dizaine de minutes, il débouche en haut d'un ressaut et tire à gauche à la recherche d'un terrain plus facile, avant de revenir à droite, au pied du ressaut. Puis il reprend à l'Est sa raide descente vers une pente herbeuse plus douce et parsemées de jeunes pins. On aperçoit sur notre droite une vaste cuvette (la Mallata alta de las Argualas) où quelques isards s'ébattent sur un névé, puis on rejoint un petit torrent, le long duquel on descend avant de gagner la plantation clairsemée, que l'on traverse vers l'Est. Les arbres se font un peu plus âgés, et le chemin oblique franchement à droite pour une longue traversée vers le Sud où, après quelques grands lacets, il rejoint une agréable prairie (la Mallata baja de las Argualas). Il s'enfonce à nouveau parmi les arbres pour faire quelques nouveaux lacets et revenir progressivement au Nord, au dessus des bains, que l'on atteint enfin après une dernière série de lacets. Là, le chemin se perd un peu, mais on se dirige facilement à vue.

    Remarque : dans l'autre sens, par contre, il doit être moins évident à trouver .


    Remarques diverses et conseils éventuels
    Le Garmo Blanco
    Les topos-guides français appellent généralement Garmo Blanco le pic que l'on rencontre entre le col d'Enfer et l'Enfer occidental, peu avant le sommet. J'ai donc adopté cette appellation. La carte Alpina place, elle, un Garmo Blanco juste au Sud de l'Arnalès, pointe que Miguel Angulo nomme simplement Arnalès Sud.

    La meilleure saison
    A moins de passer par le couloir Sud, qui est réputé meilleur enneigé, il vaut mieux ne pas y aller trop tôt dans la saison, pour ne pas se heurter à des névés très pentus et exposés après le col d'enfer, dans les pentes du pic.

    Où camper ?
    Le premier jour, nous avons planté la tente au lac Azul inférieur. Il y a un petit replat sur le bord du sentier, à côté du barrage. Mais on trouvera nettement plus de place au lac suivant, le lac Azul supérieur, qui n'est qu'à 15 minutes.
    L'abri métallique mentionné par le guide Véron semble ne plus exister. La seule trace en est sans doute cette dalle de béton de quelques mètres, à côté de laquelle nous avons planté la tente

    Le deuxième jour, nous avons campé aux lacs de Pondiellos. Passant le petit lac au pied de l'arête S.O., nous sommes remontés d'une vingtaine de mètres sur une croupe, dominant au N. le premier des deux grands lacs. Une fois sur cette croupe, on file à l'Ouest pour trouver facilement des murets naturels, formés par l'érosion, et abritant des petites plateformes.

    L'arête Sud-Ouest :
    L'idée de ce circuit me hantait depuis longtemps, mais la perspective de descendre (ou monter) par le très malcommode et pentu couloir Sud me retenait. La solution m'a été donnée par la lecture récente d'un article de Gérard Raynaud : Au bout de l'Enfer, dans la revue trimestrielle Pyrénées, du 1er trimestre 1999. Montant de Sallent aux lacs de Pondiellos, il décrivait ensuite l'ascension des pics par l'arête S.O., qui semblait plus facile même que la voie normale.
    Elle est brièvement mentionnée également dans le guide des 3000 de Luis Alejos, qui la qualifie "d'itinéraire rarement emprunté, bien que de moindre difficulté".
    Elle offre en effet un accès presque aussi direct que le couloir Sud, mais bien plus facile.
    Je la recommande chaudement à ceux qui veulent, depuis les bains, monter aux pics d'Enfer dans la journée, par le col de Pondiellos, ou les gravir en circuit comme nous l'avons fait.

    La première ascension :
    Le 19 juin 1867, le comte Henry Russell part de Cauterets, accompagné du guide Sarettes, et passe le port du Marcadau pour aller aux pics d'Enfer. Il les trouve très enneigés et, la face Nord paraissant inaccessible, gagne le col d'Enfer et commence l'ascension de l'arête N.O., actuelle voie normale. Les deux hommes sont arrêtés par la neige et la glace, et forcés de rebrousser chemin. Après une nuit affreuse, ils traversent sous la face Ouest et parviennent aux lacs de Pondiellos, où ils trouvent la face Sud bien moins enneigée et grimpent au sommet.
    G.Raynaud pense qu'ils sont montés par l'arête S.O., mais je ne crois pas que ce soit le cas, Russell écrivant : "En suivant cette arête, très nettement indiquée sur les cartes de Wallon et Schrader, nous aboutîmes enfin, sans être jamais sortis d'une ligne Sud-Nord, au point coté 3080 et 3081 mètres, c'est à dire au sommet, un peu à l'Ouest d'un piton secondaire coté 3078 mètres sur la carte de Wallon, qui en indique même un troisième, à l'O.N.O (3072 m) (H. Russell : Souvenirs d'un montagnard).
    Il semble donc bien que Russell ait directement atteint le pic central par l'arête Sud, voyant le pic oriental à sa droite, et le sommet occidental à sa gauche.