L'Escuzana (ou Mondarruego) - 2848 m - et la faja de las flores
Le shéma de la randonnée
Circuit réalisé le 26 Août 2011 sur 2 jours.

Idéalement placée, en retrait sur le revers espagnol des 3000 de Gavarnie et au dessus du cañon d'Ordesa, l'élégante pyramide de l'Escuzana offre un panorama sublime.
L'accès par la Forqueta de Gabietou est sauvage et solitaire, et les parcours de la vire de l'Escuzana et de la faja de las flores, extraordinaires, parsemés d'Edelweiss et ponctués par le passage des isards. Curiosités géologiques et plateaux paradisiaques se succèdent, réservant à chaque pas des sujets d'étonnement et d'admiration.

C'est aussi un petit problème toponymique : généralement nommé Escuzana dans les divers topo-guides et ouvrages français (Angulo, Audoubert...), on trouve aussi le nom de Mondarruego sur certaines cartes espagnoles pour désigner le même sommet, Escuzana étant alors réservé à une pointe plus basse, au Nord du col du même nom.
Sur d'autres cartes, Mondarruego désigne l'ensemble de la montagne dominant au Nord l'entrée d'Ordesa et dont le point culminant est l'Escuzana, comme je l'ai trouvé dans un ouvrage espagnol où une photo montrait "le Mondarruego, dominé par la pointe de l'Escuzana".


Difficultés
Un passage rocheux facile demande néanmoins prudence et attention, juste après la Forqueta pour rejoindre le vallon des Gabiétou.
Les vires en elles-mêmes ne présentent pas de difficulté particulière en l'absence de neige mais pourraient, par endroit, impressionner les personnes sujettes au vertige.
Le terrain complexe et parfois très chaotique peut néanmoins devenir problématique par mauvais temps ou dans le brouillard.

Au retour vers la brèche, on rencontre Le Pas des isards, passage délicat mais facile à flanc de rocher, et sécurisé par une chaîne. En début de saison, passage et main courante peuvent être encore recouverts par des névés pentus qu'il faut aborder avec prudence, et qui peuvent nécessiter l'emploi des crampons.
Cependant, on n'y passera pas si l'on remonte à la brèche sans faire le détour par la grotte Casteret.

Informations générales
Départ : Parking du col des tentes, (2208 m), en vallée de Gavarnie
Etape : Bivouac sur le premier grand plateau (2319 m) après la sortie de la vire des fleurs (côté Cotatuero).
Matériel : Pas de matériel particulier en l'absence de neige.
Horaire : 3h45 arrêts compris, du parking au sommet
4h00 du sommet au bivouac, en passant par la faja de las flores en prenant largement son temps !
4h00 du bivouac à la brèche, en passant par la grotte Casteret et en comptant les nombreux arrêts.
Dénivellation : Environ 750 m le premier jour, 500 m le deuxième, pour une quinzaine de kilomètres

Accès routier
A l'entrée de Gavarnie, tourner à droite et prendre la direction des Espécières. On trouve très vite, après les parkings, une bifurcation où l'on prend à gauche (la route de droite menant au barrage d'Ossoue) pour suivre la route jusqu'à son terminus.

Du col des Tentes (2208 m) à la Forqueta de Gabietou (2517 m) - 1h35 arrêts compris
Du col des Tentes, on gagne le port de Boucharo (2270 m) en 25 minutes, par ce qui reste de l'ancienne route, puis on emprunte le sentier qui descend versant espagnol, vers Bujaruelo, sur une centaine de mètres. On le quitte sur la gauche, au niveau d'un petit cairn, pour gravir une sorte de courte diagonale rocheuse d'une dizaine de mètres, en haut de laquelle on trouve un sentier bien marqué qu'il n'y a plus qu'à suivre.

1129 x 500 (147 K)

Itinéraire 1024 x 768 (320 K)
Des cairns montent parfois sur la gauche en direction de l'arête des Gabiétou, mais on ne les suit pas : on continue sur notre trace, presque horizontale ou en légère montée, dans l'herbe entrecoupée de plaques rocheuses.
Après 30 minutes (depuis Boucharo), on atteint une selle herbeuse, dominant un petit vallon suspendu où 5 isards broutent sans trop se soucier de nous.

1024 x 768 (269 K)
Le sentier, horizontal ou en légère descente, traverse une pente d'éboulis en tirant à gauche pour passer sous une arête descendant des Gabiétou, et nous mène au vallon désolé de la forqueta qui, pour l'instant, a tout l'air d'un cul-de-sac !

576 x 768 (200 K)

1024 x 768 (355 K)

1024 x 768 (168 K)
Du fond du vallon, la sente décrit de courts zigzags dans les éboulis jusqu'à butter sur la paroi. On découvre alors seulement, sur notre droite, le couloir d'accès à la brèche toute proche, qu'on atteint en remontant des éboulis raides

Brèche de la Forqueta de Gabietou (2517 m) - 1h35 arrêts compris (depuis le parking)


De la Forqueta de Gabietou (2517 m) au sommet de l'Escuzana (2848 m) - 2h00 arrêts compris
On domine le vallon des Gabiétou, de l'autre côté duquel on repère la vire de l'Escuzana, que nous allons emprunter. Pour le moment, on se demande bien de quelle manière on va pouvoir y accéder !

On repart, d'abord sans descendre, sur le côté gauche de la brèche, à flanc dans des rochers faciles, mais pentus, et qui demandent un peu de prudence, puis entre rochers et herbe, en s'aidant parfois des mains. On trouve au début, en de rares endroits, des points de peinture blanche, faciles à confondre avec le lichen, et quelques flèches blanches, matérialisant une trace que l'on rejoint quelques mètres en contrebas. Après 25 minutes de traversée (arrêts compris pour cause d'edelweiss) on atteint, en étant resté à peu près à niveau, les éboulis qui tapissent le fond du vallon de Gabiétou, étonnamment coupé en deux : grès ocre d'un côté, calcaire gris de l'autre


1600 x 780 (323 K)

1024 x 768 (266 K)

1024 x 768 (469 K)

1024 x 768 (354 K)
La sente, maintenant évidente, se fait plus tranquille. Une dernière et facile traversée d'éboulis gris nous monte rapidement au départ de la vire, que l'on atteint 40 minutes (arrêts compris) après avoir quitté la Forqueta.

Le début, horizontal, mène à une sorte de petit couloir où l'on perd un peu d'altitude pour rejoindre la corniche proprement dite, moins impressionnante une fois qu'on y est que lorsqu'on la contemple de loin. Elle ondule le long des parois et navigue entre les à-pics, regagnant progressivement, parfois par à-coups, l'altitude perdue. Le paysage est grandiose et, de place en place, des bouquets d'edelweiss ajoutent leur touche de magie.


1024 x 768 (269 K)

576 x 768 (180 K)

1600 x 795 (410 K)

576 x 768 (227 K)

1024 x 768 (390 K)
La vire se parcourt en 45 minutes (nombreux arrêts compris) et débouche dans une cuvette d'éboulis bruns donnant accès au col de l'Escuzana (2729 m), bien visible à l'Est une centaine de mètres au dessus de nous, le pic apparaissant devant au Sud.

1024 x 768 (341 K)

1024 x 768 (242 K)
Une trace en lacets assez raides, mais sans problème, monte vers l'Est dans les éboulis et nous amène au col en 20 minutes. De là, elle continue au Sud pour grimper à l'assaut du pic. A l'approche du sommet, un petit ressaut rocheux, à peine esquissé, se surmonte facilement et l'on arrive à la cime en 15 minutes de plus.

Sommet de l'Escuzana - 2848 m - 3h45 au total, arrêts compris.

Le panorama est grandiose : Au Nord, le Vignemale, sous un angle inhabituel, et le revers de Gavarnie avec sa couronne de 3000 ; l'entrée du cañon d'Ordesa au Sud, et les sierras espagnoles qui se perdent à l'infini dans une brume bleutée. A nos pieds, le plateau verdoyant d'Aguas Tuertas où l'eau dessine ses méandres paresseux. Un peu plus bas au Sud, une harde d'isards broute une herbe rare.


2253 x 550 (374 K)

1600 x 448 (244 K)

2577 x 550 (373 K)

1022 x 500 (203 K)

De l'Escuzana (2848 m) à la faja de las flores (~2380 m) - 1h30 arrêts compris
Plutôt que de revenir au col (au Nord) pour gagner le plateau d'Aguas Tuertas, nous partons au Sud en suivant la croupe arrondie qui tourne progressivement au S.E. Bouts de traces et cairns rares montrent que cet itinéraire plus direct est aussi emprunté.

Itinéraire 1024 x 768 (250 K)

1509 x 768 (598 K)

1600 x 516 (410 K)
On parvient, après 15 minutes, sur le vaste replat herbeux où nous avions aperçu les isards. Ces derniers nous attendent plus bas, dans la pente d'éboulis sur notre gauche (N.E.). Elle est relativement raide, mais assez stable et facile. On rejoint ainsi une cuvette herbeuse où nous reprenons la direction de l'Est vers Aguas Tuertas, et trouvons un filet d'eau.
Une terrasse herbeuse s'ouvre ici à droite, vers le Sud, et une sente s'y engage ; mais ne sachant où elle conduit, nous préférons descendre le long du ruisseau, qui nous guide jusqu'au plateau.

Aguas tuertas - 2328 m 1h00 depuis le sommet, nombreuses pauses-isards comprises.


1600 x 523 (349 K)

1600 x 594 (327 K)

1024 x 768 (329 K)

1024 x 768 (426 K)
Ce joli plateau est un havre de paix et de douceur après la rude descente dans les éboulis. On le traverse pour rejoindre le chemin que nous voyons à l'Est (rive gauche du vallon) en enjambant les méandres du gave. Ce dernier disparaît dans une fissure aux milieu des rochers, sans doute pour renaître plus bas, dans le cirque de Carriata, après un voyage souterrain. Nous nous attardons un long moment pour profiter du paysage et des edelweiss, et faisons une ample provision d'eau, car nous n'en retrouverons pas avant le lendemain.

Bientôt le sentier se scinde en deux : l'un suit le fond rocheux du vallon et descend vers le cirque de Carriata, où il rejoindra d'abord la sente qui conduit au Tozal del Mallo. L'autre branche, que nous suivons, monte doucement sur une large corniche peu pentue et va rejoindre la vaste terrasse où débute de la faja de las flores (la vire des fleurs)
environ 2380 m - 1h30 du sommet.


La faja de las flores (~2380 m) jusqu'au bivouac (2319 m) - 2h30 arrêts compris
La vire n'est pas si étroite qu'elle en a l'air de loin et, si de très courts passages demandent un peu d'attention et de prudence, elle contourne sans difficulté le Gallinero, passant du cirque de Carriata à celui de Cotatuero en gardant une altitude à peu près constante.
Après 15 minutes, un gros bloc la coupe en travers, mais on peut très facilement passer dessous.

1792 x 500 (353 K)

1024 x 768 (337 K)

1024 x 768 (379 K)

1024 x 768 (381 K)
Il nous faudra 2h00 pour parcourir la totalité de la vire, mais la beauté des paysages, les edelweiss et les isards nous ont considérablement ralentis !
Une fois sorti de la vire et dépassant le haut du cirque de Cotatuero (dont on aperçoit les gradins en contrebas à droite), le sentier tire à gauche (N.O.) et descend doucement dans un lapiaz compliqué de roches grises, strié de ravines et de petites failles, où nous suivons les cairns, passant progressivement au N. puis au N.O. Au sortir d'une ravine, on revient au N. pour descendre doucement vers un immense plateau herbeux où nous allons bivouaquer (25 minutes depuis la fin de la vire).
Nous n'y trouvons pas d'eau, mais nous sommes entourés par les isards.

1763 x 500 (351 K)

1024 x 768 (411 K)

1024 x 768 (407 K)

1024 x 768 (400 K)

1024 x 768 (103 K)

1279 x 768 (440 K)

Du bivouac (2319 m) à la grotte Casteret (2665 m) - 1h20 sans compter les arrêts
On traverse le plateau vers le N. pour filer ensuite à droite (Est) le long du ressaut rocheux et trouver le point bas qui permet de s'y engager. Les cairns reprennent ici la progression vers le Nord, dans un lapiaz étonnant où nous suivons les ravines. Des repères de peinture verte y marquent l'entrée minuscule d'une grotte.
Après 20 minutes on débouche sur second plateau plus étroit (2364 m), fermé lui aussi par une barre rocheuse. Une trace mène à la cheminée qui la remonte en son centre, mais d'autre cairns passent à gauche sans qu'il soit même besoin de poser les mains

1694 x 500 (207 K)

1024 x 781 (298 K)

1374 x 500 (219 K)

1024 x 768 (357 K)
15 minutes suffisent à rejoindre le plateau de San Fertus (2416 m), le dernier avant la montée vers la brèche.
Une résurgence alimente un gave sinueux et tranquille, le premier que nous trouvons depuis Aguas Tuertas, où nous faisons provision d'eau.

On traverse le plateau vers la droite pour trouver des cairns et une trace de terre qui monte vers les éboulis.


1600 x 517 (299 K)

1600 x 548 (309 K)

1280 x 604 (315 K)
Itinéraire (318 K)
Après quelques minutes, le terrain devient extrêmement chaotique, enchevêtrement inextricable de failles et d'éboulis de toutes tailles. La sente atteint la base de la grande croupe rocheuse et régulière qui descend, à notre droite, du haut escarpement en V qui abrite la grotte Casteret.
On peut monter sur cette rampe et la suivre pour s'approcher de la grotte, ou avancer un peu pour la contourner et s'engager juste après, à droite, dans le ravin chaotique qui la borde au Nord. Les cairns suivent le fond du ravin, mais il est plus pratique de s'élever sur son bord gauche dès que possible, où l'on trouve des banquettes plus commodes, pour éviter les amoncellements de rochers. On rejoint ainsi le haut de la pente d'éboulis plus petits qui tapissent la base de l'escarpement, et la sente qui vient immédiatement butter sur la falaise, une centaine de mètres à gauche de la grotte, dont l'entrée est en partie masquée par des blocs énormes.

Passés ces blocs, on découvre que la large entrée de la grotte est fermée par une grille...


1024 x 768 (364 K)

1024 x 768 (250 K)

1280 x 643 (233 K)

De la grotte Casteret (2665 m) à la brèche de Roland (2807 m) - 0h45 arrêts compris
De la sortie de la grotte, on redescend au Nord, le long de la paroi, pour retrouver la sente qui surmonte un petit ressaut avant d'aborder les rochers, puis les immenses champs d'éboulis sous le col des Isards. Nous suivons les cairns qui nous mènent au pied des falaises du cirque, presque à l'aplomb du casque où, rejoignant la sente qui court le long des parois, nous filons vers la gauche en direction de la brèche. Nous atteignons rapidement le pas des Isards, passage rocheux horizontal mais déversant, sécurisé par une chaine. De là, 10 minutes nous amènent à la brèche.

De la brèche de Roland (2807 m) au parking (2208 m) - 2h00
On se reportera, pour cette partie, au topo de la montée à la brèche de Roland (en le lisant à l'envers, naturellement ;-)

Remarques diverses et conseils éventuels

Attention à l'eau : à partir du mois d'Août, ou si la saison est sèche, l'eau peut être rare sur le revers espagnol du cirque. Passé Boucharo, nous n'en avons trouvé qu'à Aguas Tuertas où nous avons, par précaution, fait d'amples provisions, puis le lendemain à San Fertus, dans la remontée vers la brèche.