Vallée de Lutour - Col des gentianes - 2729 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée souvent réalisée, dont la dernière fois début septembre 2001 pour le col des gentianes, le 27 août 2004 pour le lac de Malh-Arrouy, le 02 août 2015 pour les lacs d'Estom-Soubiran et Couy

Remonter la vallée de Lutour dans son intégralité constitue une magnifique mais longue randonnée sur des sentiers de haute montagne. On pourra cependant l'interrompre à plusieurs stades, selon sa forme physique, ou contraint par l'enneigement.
La montée jusqu'au lac d'Estom peut en elle-même constituer le but d'une jolie randonnée familiale.

La haute vallée se subdivise à l'extrêmité du lac d'Estom-soubiran, ou au lac Couy, et permet de visiter aussi le lac de Malh Arrouy


Difficultés
Le "sentier de la cascade" demande un peu d'attention, il faut parfois s'y aider des mains.
Les deux sentiers possibles entre les lacs d'Estom et Estom soubiran peuvent même être dangereux s'il sont enneigés.
Au delà d'Estom-soubiran, les itinéraires sont parfois peu évidents. A faire par beau temps...

Informations générales
Départ : Parking de la Fruitière (1371 m), en vallée de Cauterets
Matériel : Pas de matériel particulier en l'absence de neige
Cartes IGN Top 25 1647 OT "Vignemale" / 1748 OT "Gavarnie"
Horaire : 5h00 du parking au col des gentianes
3h30 pour la descente (ajouter la pause déjeuner au total)
Dénivellation : Environ 1400 m, pour 24 km (en gros...)

Du parking au lac d'Estom (1804 m) - 1h30 - 5,5 km
De l'hôtellerie de la Fruitière, traverser le pont pour s'engager sur le sentier très large et bien visible qui file plein Sud.
Tôt le matin, on voit souvent des isards dès les premières pentes (côté ensoleillé)
On passe le lieu-dit Portail de Limouras (1458 m - 0h20 - 1,5 km). Il ouvre sur une succession de petits plateaux au bout desquels gronde la cascade de Pouey Caut. Le chemin se redresse pour la franchir par la gauche.

1024 x 768 (445 K)

1024 x 768 (438 K)

768 x 491 (118 K)
Après 0h45 d'une marche facile, on passe devant la cabane de Pouey Caut, adossée à son énorme rocher, juste avant de traverser un petit bois d'immenses sapins, dont on sort rapidement pour passer un nouveau pont (1537 m - 3 km), qui enjambe le torrent descendant du vallon de Culaous. Un panneau indique le sentier Falisse, qui monte à gauche et mène au refuge Russel (dont les travaux furent conduits par Falisse) et, au delà, à l'Ardiden ou au col de Culaous.
Notre chemin suit plus horizontalement le fond de la vallée, se dirigeant toujours au Sud vers une barre boisée, verrou qui retient les eaux du lac d'Estom. La passerelle de Pouey Caut (1552 m), nous permet, quelques minutes plus tard, de passer rive gauche du gave de Lutour (donc à droite, dans le sens de la marche).
J'ai vu plusieurs fois des isards peu après, dans une cuvette dominée par un énorme rocher
Le sentier se poursuit dans les rhododendrons et les pins à crochets. Un cairn peu visible, à droite du chemin et 20 mètres après une minuscule passerelle (cote 1599 m- environ 4 km), indique le départ de l'itinéraire des lacs d'Estibe Aute.

Le chemin décrit alors plusieurs lacets pour franchir la haute barre d'Estom (premier passage un peu physique), s'approchant parfois des gorges encaissées où bouillonne le gave de Lutour. Il sort des arbres à l'approche du lac, dont on aperçoit d'abord la petite auberge (1804 m - 1h30 - 5,5 km).
Profitez de la beauté du lac le matin : il y aura beaucoup plus de monde dans l'après midi !


1268 x 550 (421 K)

1117 x 600 (353 K)

519 x 768 (160 K)

Du lac d'Estom au lac d'Estom Soubiran (2360 m) - 1h45 - 4 km
On a, d'ici, le choix entre 2 itinéraires :
  • Le premier suit le chemin bien tracé qui monte en larges lacets sur la droite du lac et conduit aussi au col d'Araillé. Après 0h40, on arrive à l'entrée d'une cuvette de gros éboulis, souvent occupée par un névé. Une bifurcation se présente : à droite l'itinéraire du col d'Araillé, qui continue de monter à flanc. A gauche, traversant la cuvette vers le Sud, notre chemin, qu'on voit grimper ensuite en face de nous, en courts lacets, dans les rhododendrons.
    Suit une portion plus ou moins horizontale (0h55), qui traverse la falaise dominant le lac d'Estom.

    Cette portion peut être coupée, même assez tardivement dans la saison, par des névés pentus déversant sur 200m de vide, où il serait très difficile d'enrayer une chute. Il est donc formellement déconseillé d'emprunter cet itinéraire, où des randonneurs ont déjà trouvé la mort, s'il n'est pas entièrement déneigé
    (se renseigner à l'auberge, observer aux jumelles, depuis le lac).


  • 1024 x 768 (474 K)

    576 x 768 (308 K)

    1024 x 768 (526 K)
    La falaise passée, on parvient aux oulètes d'Estom-soubiran, petit plateau marécageux où l'on rejoint le second itinéraire (1h15), puis le lac du Labas (2281 m).

    768 x 752 (367 K)

    1024 x 627 (219 K)
    20 minutes supplémentaires de lacets pierreux conduisent au déversoire du lac d'Estom Soubiran (2360 m - 1h30/1h45, arrêts compris - 3,5/4 km).

  • Le second itinéraire, appelé "chemin de la cascade" (et qui fut un temps le seul balisé par le Parc et surligné sur les cartes IGN) vise à éviter le passage dangereux de l'itinéraire précédent. Il est néanmoins assez raide (il faut parfois s'aider des mains et rester attentif) et peu évident par endroits (à éviter par temps de brouillard). Du fait de sa raideur, je ne le conseillerai finalement pas plus que l'autre s'il y a encore beaucoup de neige (départ délicat au bas de la falaise).

    Longer le lac par la droite, vers le Sud, sur un chemin étroit, qui remonte ensuite dans une pelouse parsemée d'éboulis en direction de la falaise. Il oblique progressivement à gauche (suivre les marques du P.N.) et rejoint finalement la cascade (0h25) à l'endroit où elle est normalement le plus facile à traverser (c'est là qu'on apprécie de bonnes chaussures !), au pied de la paroi Sud-Est.
    En fin de printemps, les rochers (très faciles) sur lesquels on commence à s'élever étaient mouillés et glissant, et barrés par un névé en partie glacé. Nous avons préféré nous arrêter là...


  • Itinéraire 1024 x 768 (511 K)

    511 x 766 (171 K)

    768 x 576 (148 K)
    On gravit donc cette paroi en restant à gauche du torrent et en suivant les marques blancrougeblanc du Parc National, entre rochers et petits couloirs herbeux, pour rejoindre l'itinéraire précédent en aval du lac de Labas (1h10/1h15).

    Au point de vue du temps, les deux itinéraires se valent. Le sentier de la cascade est plus direct, mais la progression y est plus lente.
    Au total, il faut compter 3h30, arrêts compris, avant de pouvoir contempler le bleu profond du magnifique lac d'Estom Soubiran.


    1290 x 500 (175 K)

    1318 x 400 (182 K)

    Du lac d'Estom Soubiran (2360 m) au col des gentianes (2729 m) - 1h30 - 2,5 km
    Le sentier, parfois escarpé et en corniche, continue à droite du déversoir et s'élève au dessus du lac, vers un petit promontoire (jolie vue) derrière lequel il tourne puis redescend un peu avant d'aborder les rochers, faciles mais en corniche, qui mènent au dessus du déversoir du petit lac Couy (2445m - 0h20)

    1024 x 653 (379 K)
    On contourne le lac Couy par la droite pour arriver au pied d'une succession de ressauts rocheux, dans lesquels on suit les cairns.
    Les plus visibles nous ramènent vers l'Est et la cascade qui alimente le lac, pour contourner les ressauts par la gauche et l'on parvient rapidement aux petites gorges où se précipitent les eaux du Lac Glacé (2571m), dont on atteint le déversoir après un court passage scabreux à flanc dans les rochers de la gorge.

    1024 x 753 (432 K)

    1280 x 560 (436 K)
    On peut éviter cette gorge en quittant le chemin principal juste au dessus du lac Couy et en suivant les cairns (moins visibles) qui remontent directement les ressauts, vers le Sud-Est (en direction du pic d'Estom-Soubiran), en louvoyant entre barres et ravines.

    768 x 482 (131 K)
    Cet itinéraire est moins évident que le premier (on le voit mieux à la descente), mais il aboutit directement et sans danger au dessus du lac Glacé, sur l'itinéraire qui mène au lac du col des gentianes - 0h45 depuis le lac d'Estom-Soubiran

    768 x 608 (160 K)

    On suit les cairns vers la droite (toujours en direction S.E.) sur un terrain assez chaotique, qui n'est bientôt plus qu'un amoncellement d'éboulis bruns. On remonte une cuvette peu pentue qui aboutit au solitaire lac du col des gentianes - 2650 m - 1h00 depuis Estom soubiran.

    768 x 521 (149 K)
    On contourne ce dernier lac par la gauche pour arriver sans problème (cairns et trace) au col des gentianes (2729 m - 1h20 depuis Estom-Soubiran, 5h00/5h15 au total, arrêts compris - 12/13 km)
    vue extraordinaire sur la face Est du Vignemale et le glacier d'Ossoue.

    768 x 521 (145 K)
    On redescendra par le même itinéraire en prenant, entre Estom Soubiran et Estom (si l'enneigement le permet), le chemin que l'on n'aura pas pris à la montée, histoire de varier les plaisirs : arrivé aux milieu des oulètes d'Estom Soubiran, le chemin se divise. Un sentier (cairn) oblique à gauche pour passer le ruisseau et se diriger vers la base du Labas pour rejoindre le sentier de l'Araillé ; l'autre branche, départ du sentier de la cascade, part face à nous entre les rochers arrondis, amplement balisée par le Parc national.

    Le lac de Malh Arrouy (2584 m) - incursion vers le pic...
    Parvenu au lac Couy, on peut traverser directement le déversoir si l'on a des chaussures parfaitement étanches (vers la gauche - très peu profond), ou contourner complètement le lac. On remonte alors la croupe herbeuse qui, du déversoir, s'élève vers l'Est, et d'où l'on a une magnifique vue plongeante sur le lac d'Estom Soubiran.

    768 x 576 (161 K)

    768 x 576 (157 K)
    On y trouve rapidement une trace que l'on suit pendant environ 25 minutes pour arriver à un ruisseau (qu'on peut ou non traverser) et, tout de suite après, au sauvage petit lac de Malh Arrouy (2584 m - 0h30 du lac Couy)

    768 x 501 (147 K)
    Vers le pic de Malh Arrouy :
    J'ai entamé une reconnaissance vers le pic, conscient qu'il était trop tard et que j'étais trop ereinté pour aller au sommet ! Voici le chemin que j'ai suivi...

    Du déversoir du lac, on suit la trace à l'Est, pour remonter une croupe où l'on zigzague dans les éboulis (trace et cairns), ou en prenant plus à droite dans l'herbe.
    Trace et cairns se font ensuite très intermittents. On suit toujours la croupe vers l'Est, dans l'herbe, avant de passer une petite mare (cote 2705 m ?) en arrivant aux éboulis (où l'on trouve enfin un cairn !). A partir de là, le paysage n'est d'ailleurs plus qu'un vaste chaos d'éboulis (0h30 du lac de Malh Arrouy).

    Nous sommes maintenant près de la paroi. A notre droite, une cuvette (d'éboulis !) dont le fond est occupé par un névé qui nous invite à monter (pas de cairn...). On trouve tout de même un cairn en débouchant en haut de la cuvette, je n'en verrai plus d'autres. Une nouvelle cuvette nous amène sur une pente d'éboulis bruns et assez instables, au pied de l'épaulement descendant de la cote 2936.
    Je me suis arrêté là, à environ 2750 m (0h40 du lac de Malh Arrouy).


    1301 x 400 (194 K)
    A la descente :
    On peut naturellement revenir par le même itinéraire, mais voici une variante : juste avant d'arriver au lac de Malh Arrouy, on passe l'encolure d'un vallon assez pentu, plongeant sur la droite, où l'on remarque des traces passant près des marques du Parc National (tête d'isard rouge dans un carré blanc). Ces marques passent derrière un petit lac (sans nom, coté 2477 m), visible en contrebas.

    768 x 576 (164 K)
    On descend donc dans ce vallon, au bas duquel on traverse un ruisseau à sec. Descendant dans l'herbe, suivant les marques du P.N., je suis arrivé à un second ruisseau, qui m'a conduit dans une cuvette herbeuse. Je me trouvais alors à droite du petit lac, que je ne voyais plus.
    Il ne faut pas suivre aveuglément les marques du P.N., qui nous emmènent trop loin, dans les éboulis derrière le lac ! ; j'ai dû revenir au Sud pour le retrouver et le contourner.
    En fait, il n'est pas besoin d'aller au lac. On doit pouvoir appuyer à gauche juste après le ruisseau à sec pour en descendre le ravin, qui s'élargit vite et où j'ai fini par retrouver un sentier descendant sans encombre sur Estom-Soubiran, que l'on contourne par la droite pour revenir au déversoir.