Le Grand Barbat - 2813 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée réalisée la dernière fois le 12 août 2011 pour le sommet en aller-retour depuis les crêtes, le 21 août 2006 pour le circuit complet

Point culminant de la région d'Ilhéou, le grand Barbat se voit de loin et, inversement, la vue y est grandiose.
Télécabine et télésiège nous montent quasiment à pied d'oeuvre, à une altitude déja respectable. Mais l'ascension, tout en restant facile, se déroule sur un terrain rude et n'a rien d'une promenade de santé.
Ascension grandiose, impressions russelliennes ! Fraîcheur matinale dans l'ombre profonde des parois austères du Ségalas et de l'Isardé, retour dans les éboulis chauffés au Soleil, par des lacs, des vallons et des brèches qui semblent oubliés du monde. Paysage toujours âpre et solitaire mais ô combien majestueux !

La descente peut se faire par le même chemin (ce que j'ai fais dernièrement, par manque de temps) ou, comme je l'ai fait la première fois, par la vallée d'Ilhéou jusqu'à Cauterets même. Il faut alors affonter le passage de 2 brèches pentues et un très gros dénivelé.


Difficultés
  • Randonnée en grande partie hors sentier, pas toujours cairnée. A ne faire que par temps clair.
  • Terrain chaotique, nombreux éboulis parfois instables et pentes raides un peu exposées (sans doute dangereuses si elles sont enneigées).
  • Pentes raides et croulantes au retour, dans les couloirs d'accès aux brèches, en herbe ou cailloutis glissants et éboulis instables.
  • Informations générales
    Départ : Crêtes du Lys (la station de ski), accessibles en télécabines puis télésièges depuis Cauterets
    Matériel : Pas de matériel particulier en l'absence de neige, mais les bâtons seront appréciés !
    Carte IGN Top 25 1647 OT "Vignemale"
    Horaire : 2h45 de montée comme au retour, 4h30 à 5h00 de "descente" pour le circuit.
    Dénivellation : A peu près 700 m, pour 5 km environ à la montée
    2000 m de descente (avec une petite remontée), et une dizaine de km pour le retour

    Accès aux crêtes du Lys
    Le bâtiment des télécabines se trouve à l'entrée de Cauterets, en contrehaut sur la gauche.
    Premier départ à 9h en été, 11€ l'aller-retour (2011).
    Les télécabines mènent au bas de la station du Lys, à 1800 m. Le télésiège (bien nommé !) du "Grand Barbat" se trouve une cinquantaine de mètres plus loin et conduit sur les crêtes à 2303 m. Il faut compter 40 à 45 minutes pour la totalité du trajet Cauterets-crêtes.

    Vous pouvez aller jeter un oeil vers la gauche, à la table d'orientation toute proche, mais le départ du sentier est à droite, signalé par un panneau.


    1349 x 450 (158 K)

    1760 x 475 (200 K)

    L'ascension - 2h45 (arrêts compris)
    On commence par une agréable promenade en descendant tout doucement sur les flancs du Grum pour rejoindre la large dépression du col d'Ilhéou (2222 m), bien visible à droite, et que l'on atteint en 0h15 (attention à ne pas bifurquer ni descendre à gauche vers les cabanes).
    On y rejoint le GR 10, qui monte du lac d'Ilhéou et rejoint la vallée d'Estaing.

    768 x 548 (92 K)
    On passe près d'une petite mare et l'on file côté Sud du col, pour commencer à s'élever sur la gauche (sente) vers une petite selle, sur la croupe herbeuse du Ségalas, que l'on atteint en à peine 5 minutes. On poursuit plus ou moins à flanc en suivant les cairns et la trace intermitente, et la pente herbeuse commence à s'encombrer d'éboulis.

    1421 x 450 (175 K)

    768 x 576 (158 K)
    On traverse un terrain encombré de gros éboulis où, après 15 minutes (depuis le col d'Ilhéou). Deux options se présentent:
  • Des cairns bifurquent résolument à gauche et remontent les éboulis en direction de la paroi, avant de reprendre la direction initiale dans un terrain plus ou moins chaotique pour atteindre un petit col sur un épaulement (mais d'autres cairns passent plus bas, sous l'épaulement) (25 minutes depuis le col d'Ilhéou).
    De là, on traverse laborieusement et le plus horizontalement possible un chaos de blocs de toutes tailles (cairns) en direction d'une pente d'éboulis plus petits, au pied de la paroi. On la remonte à moitié pour en sortir par la droite (cairns) et s'élever vers un nouveau col (2443 m - 45 minutes depuis le col d'Ilhéou).

  • J'ai dernièrement suivi les cairns passant plus en contrebas des parois. Certes, il faut perdre un peu d'altitude, mais le terrain est moins encombré par les éboulis et l'on coupe plus bas les nombreux ravins qui entaillent la pente, ce qui rend leur traversée un peu plus aisée. On passe ainsi juste au dessus du long replat où dorment deux petites mares, et l'on remonte au dernier moment vers la croupe à 2443 m.
  • Ce dernier collet ouvre sur une coume encaissée, issue de la brèche Esmeralda, entre Isardé et Barbat. On y découvre un paysage austère et sauvage, tranché par l'impressionnante brèche de Badescure.

    576 x 768 (142 K)
    On observe très bien d'ici la terrasse qui file le long de la paroi et que nous allons suivre.

    Itinéraire 768 x 522 (208 K)
    Après quelques mètres dans l'herbe vers la droite, on revient à gauche pour descendre en écharpe (trace), dans l'herbe d'abord puis dans les éboulis, pour ensuite traverser en légère descente le fond de la coume. On en ressort 10 minutes plus tard, et une bonne cinquantaine de mètres plus bas, pour trouver rapidement dans l'herbe une trace horizontale. Mais quelques minutes après (20 minutes depuis le col 2443), un nouveau chaos d'éboulis se présente. On le traverse pour gagner une pente d'éboulis plus petits et assez croulants, où il faut rester vigilant car elle déverse sur le vide. On en sort (30 minutes depuis le col 2443) pour retrouver la "douceur" toute relative d'une pente plus herbeuse, mais plus raide, que l'on traverse toujours avec prudence ; nous avons à peu près repris l'altitude perdue depuis le petit col.

    768 x 576 (119 K)
    On poursuit à flanc en obliquant progressivement sur la gauche pour entrer enfin dans le vallon chaotique de la brèche du Barbat (0h45 arrêts compris, depuis le col 2443)

    Plus bas, venant de la brèche de Badescure, des isards s'enfuient en faisant rouler les éboulis.


    768 x 576 (201 K)

    768 x 576 (216 K)

    768 x 576 (218 K)
    On remonte laborieusement le vallon par son côté gauche dans de gros éboulis (cairns) pour aboutir à la base d'une sorte de "coulée" d'éboulis plus fins, s'élevant également sur la gauche vers la barre qui nous domine (0h55 ). Les cairns, parfois difficiles à voir dans ce paysage, reviennent vers la droite en direction de la brèche. On parvient à une zone de larges roches lisses qu'on passe par la droite, dans une sorte de corridor, pour finalement rejoindre l'axe du vallon, qu'on ne quitte plus jusqu'à la brèche (2640 m - 1h15 depuis le col 2443, 2h15 depuis le col d'Ilhéou, arrêts compris).

    768 x 576 (185 K)

    576 x 768 (172 K)
    De la brèche du Barbat, on se retourne pour revenir au Nord et gravir en écharpe, sans difficulté, la longue pente d'éboulis en direction du sommet (cairns, bouts de traces) (25 minutes depuis la brèche) , où l'on peut enfin profiter, dans la solitude et le silence, d'un panorama immense et magnifique.

    2696 x 500 (415 K)

    1185 x 475 (203 K)

    Plusieurs options s'offrent pour le retour...
  • Par le même chemin qu'à l'aller, en remontant aux crêtes du Lys.
    C'est ce que j'ai fait en 2011. il faut prévoir dès le matin de prendre un billet aller/retour, et ne pas oublier que le dernier télésiège descend à 17h00, et la dernière cabine à 17h45. Etant donné la nature du terrain, on met le même temps qu'à l'aller pour revenir aux crêtes.
    C'est néanmoins la solution la moins fatigante et la plus courte
  • Par le même chemin qu'à l'aller et le lac d'Ilhéou,
    On bifurquera vers le lac, une fois revenu au col d'Ilhéou. Ceux qui connaissent peuvent même couper un peu et atterrir directement sous le lac noir. Il faut alors redescendre jusqu'à Cauterets.
    Probablement le chemin le plus long
  • Par la brèche du Hourat et le lac d'Ilhéou
    C'est l'itinéraire le plus rude et le plus éprouvant, mais il est sauvage et permet de faire une boucle autour du Barbat. C'est celui que nous avons pris.

  • D'une brèche à l'autre... - 0h45
    Du sommet, on retourne à la brèche du Barbat (en 20 minutes environ) pour s'engager dans le couloir pentu qui plonge vers la cuvette où dort le lac du pic Arrouy. L'herbe devient rapidement cailloutis glissant, puis éboulis instables. On arrête la descente après 10 minutes, à peu près à mi-chemin du lac, pour bifurquer à gauche en visant la base de l'escarpement le plus proche. On traverse ainsi, en légère descente, une pente d'éboulis généralement stables.
    5 minutes plus tard, on passe une plaque d'herbe sous l'escarpement avant d'entreprendre une nouvelle traversée, dans des éboulis cette fois instables, vers la base de l'escarpement suivant.

    576 x 768 (197 K)
    On vise en fait un replat, à la base de l'épaulement et au dessus d'un ressaut dominant le lac. Puis on remonte, au dernier moment (cairn), pour passer au dessus du replat en obliquant à nouveau à gauche, contournant la base du Petit Barbat.
    On remonte à flanc les pentes d'herbe et de cailloutis en restant plus ou moins à la base des escarpements. Après 35 minutes (depuis la brèche du Barbat), on aperçoit la brèche du Hourat. On rejoint la base du raide couloir herbeux qui y mène pour une dernière et rude montée
    (2579 m - 45 minutes)

    768 x 576 (172 K)

    910 x 576 (179 K)

    De la brèche du Hourat au lac d'Ilhéou (1976 m) - 1h30
    On s'engage dans le couloir rébarbatif, sur le versant N.E. de la brèche. On retrouve un terrain désormais bien connu : herbe d'abord, puis cailloutis raide et glissant, et enfin éboulis instables qui roulent avec nous à chaque pas. Le couloir se scinde en deux : large couloir d'éboulis à droite, bordé à gauche par un bourrelet plus herbeux, de l'autre côté duquel on trouve un autre couloir d'éboulis. Les deux sont également croulants...
    On arrive enfin, après 20 minutes d'une descente éprouvante, au fond d'une cuvette où un petit névé, bien que partiellement glacé, nous donne la reposante sensation de marcher enfin à plat ! Mais on retrouve bien vite un nouveau chaos de blocs énormes où l'on progresse laborieusement.

    576 x 768 (176 K)
    La cuvette est fermée au Nord par un mamelon herbeux, que des cairns (les premiers depuis un bon moment) nous invitent à passer par la gauche.On passe une sorte de petit défilé pour descendre dans l'herbe et les cailloux vers une nouvelle cuvette d'éboulis, où nous trouvons le laquet du Hourat... à sec ! (35 minutes depuis la brèche)

    576 x 768 (204 K)
    La cuvette s'ouvre au Nord. Nous trouvons rapidement un couloir qui plonge devant nous : on ne le prend surtout pas ! Des cairns bifurquent complètement à droite et nous emmènent en traversée aux dessus des falaises qui ferment la vallée d'Ilhéou (45 minutes depuis la brèche)

    768 x 576 (155 K)
    Chemin et cairns poursuivent vers l'Est pendant une dizaine de minutes en perdant de l'altitude, jusqu'à se retrouver à peu près dans le prolongement du lac, en direction duquel on retourne. Des cairns s'engagent dans un couloir herbeux assez raide, tandis que d'autres filent encore un peu à l'Est, pour prendre un autre couloir : les deux se rejoignent à leur base, où l'on retrouve une sente, que l'on suit désormais.

    Itinéraire 768 x 576 (178 K)
    On sort du sytème de ressauts et de falaises pour se rapprocher du lac par la gauche, et traverser le torrent qui s'y jette (1h15 depuis la brèche). On enjambe bientôt un autre ruisseau et la descente s'interrompt peu après, le sentier progressant maintenant à peu près horizontalement en contrehaut du lac. Parvenus à une cinquantaine de mètres du déversoir, il remonte légèrement ; on descend donc de quelques pas dans l'herbe pour finir sur le chemin qui longe le lac et on traverse enfin le déversoir (passerelle) pour passer sous le refuge. (1h30 depuis la brèche, arrêts compris).

    Du lac d'Ilhéou à Cauterets - 1h45 / 2h00
    Une piste large et "roulante" part sur le côté droit et descend jusqu'au Cambasque. On peut la suivre intégralement ou emprunter le GR 10, qui en coupe les lacets. Prenons la piste pendant un dizaine de minutes jusqu'à passer au dessus du petit lac noir. Elle décrit ensuite un virage à gauche, dans lequel le chemin prend à droite pour couper une large boucle et retomber sur la piste un peu plus loin. Mieux vaut ensuite en suivre sagement les lacets en évitant les raccourcis désagréables dans les éboulis d'ardoise.

    768 x 646 (160 K)
    Dans la portion rectiligne avant le dernier virage, prendre à nouveau le sentier, qui part maintenant à flanc pour une longue traversée en contrehaut de la piste ; il ne la rejoindra qu'avant les ponts de Sahuc (dont l'un est détruit).
    Si l'on est fatigué, on restera sur la piste pour rejoindre le bâtiment des télécabines du Courbet (fermées en été - 1h00 / 1h15 depuis le lac) et traverser le Cambasque en empruntant la route. Dans le cas contraire, on ne traversera pas aux ponts de Sahuc, mais on restera à droite du gave pour reprendre le sentier, qui remonte un court instant ou suit le gave. On passe ainsi légèrement au dessus du Cambasque, sur la droite, pour aboutir finalement sur la route à l'entrée du plateau. Il faut la traverser et revenir un peu en arrière pour trouver le chemin qui descend sur Cauterets.

    Plusieurs possiblilités, là encore, pour rejoindre Cauterets :

  • Suivre tout droit le large chemin (ancienne route) qui rejoint la route goudronnée au dessus de la Ferme Basque
  • S'engager à gauche (panneau) pour suivre le sentier forestier qui longe le gave et aboutit directement à la Ferme Basque.
  • On suit la route une centaine de mètres pour emprunter à gauche le raidillon pentu (sentier "Aresto") qui rejoint directement Cauterets, ou l'on poursuit sur la route encore quelques centaines de mètres pour trouver, toujours à gauche, un chemin plus sage qui rejoint le sentier Demontzey.

    Remarques diverses et conseils éventuels
    Suggestion de balade en famille :
    Monter aux crêtes du Lys par les télécabines et télésiège, puis descendre au col d'ilhéou pour revenir à Cauterets par le lac, constitue une agréable balade à faire en famille. Le kilométrage est assez réduit (environ 12 km), et l'on ne fait que descendre.
    Du col, le GR 10 part sur la gauche de la vallée, passe non loin de deux cabanes (enclos) et rejoint la bifurcation descendant directement des crêtes du Lys (panneau). Il reste largement à gauche du gave, puis s'en rapproche pour le traverser au niveau d'une jolie petite cuvette. Il reste alors sur le flanc droit de la vallée pour rejoindre le lac, parfois en corniche (facile)

    768 x 576 (170 K)
    On pourra ensuite en profiter, entre le lac d'Ilhéou et le Cambasque, pour délaisser la piste qui part du refuge au profit du chemin (GR 10), comme décrit dans le paragraphe au dessus.