Le pic du midi d'Ossau - 2884 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée réalisée le 10 Septembre 2011 par la voie normale.
Conscient de mes limites, l'Ossau restait pour moi un rêve. Il est devenu réalité par un heureux hasard, comme cela arrive souvent. Je remercie de tout coeur François-Luc et Yann de m'y avoir emmené, encadré et assuré :-)

Difficultés
Remarque préliminaire : J'ai jugé ces difficultés à l'aune du randonneur que je suis, certes habitué aux éboulis pentus et aux cheminées faciles, mais qui ne s'est jamais vraiment accomodé du vide et ne pratique pas l'escalade.

Les difficultés commencent au pied de la paroi, à 2345 m. Une trace raide court dans cette dernière, entrecoupée par 3 cheminées, de difficulté PD à PD+ pour les 2 premières, F+ avec quelques pas PD vers la fin, qui se redresse, pour la 3ème. Le rocher y est franc.
Je les ai montées sans grand problème ; il faut simplement rester concentré et vigilant, ne pas se presser, et j'ai finalement trouvé l'exercice ludique.
J'ai cependant apprécié d'être encordé, par endroits, pour la descente.
Si, tôt le matin, on peut grimper assez tranquillement, il n'en va pas de même au retour, où les cheminées sont surpeuplées. On ne peut alors pas toujours descendre par où l'on est monté, ou bien au plus facile, si une ou plusieurs cordées occupent déjà le terrain. Il faut alors prendre son mal en patience, ou descendre en terrain moins facile...

La première cheminée, à la base de la paroi, est bien redressée et présente des passages assez lisses et peu évidents. Je l'ai montée sans trop de problème, mais j'ai préféré m'encorder pour la descendre, et bien m'en a pris !
La 2ème cheminée est un peu plus haute, peut-être un peu plus verticale, mais les prises sont nettement plus grosses et elle m'a parue, à la montée, plus facile que la première ; presque sans problème. Nous l'avons redescendue en rappel, mais il me semble qu'on doit pouvoir la désescalader si l'on peut choisir où passer.
La 3ème cheminée est la plus facile et se monte sans problème jusqu'à l'approche de sa sortie, où deux barreaux métalliques (apparemment les seuls qui n'ont pas été enlevés) aident à franchir 3 ou 4 mètres plus délicats. A la descente, ce passage requiert de la prudence, mais il n'est pas trop impressionant.

A l'arrivée au sommet enfin : une petite brèche, facile et non exposée.

  • Toute la progression dans la paroi est exposée au chutes de pierres, alors mettez les casques !
  • Si vous n'êtes pas rompu à l'escalade, ou avez la moindre appréhension du vide, encordez-vous, surtout à la descente ! Partez donc avec un compagnon expérimenté, capable de vous assurer et de vous encadrer.

  • Sans oublier que la neige a déjà fait des victimes dans ces pentes (très) redressées...

    Informations générales
    Départ : Parking d'Anéou, (1710 m), en vallée d'Ossau.
    Matériel : Casque, baudrier, corde et matériel pour un rappel de 30 m
    Carte IGN Top 25 1547 OT "Aspe-Ossau"
    Horaire : 4h15 arrêts compris, du parking au sommet
    A peu près autant pour la descente, étant donné l'encombrement.
    Dénivellation : Environ 1300 m, pour une quinzaine de kilomètres aller-retour.

    Accès routier
    A la sortie de Laruns, délaisser la route de Gourette et s'engager dans la gorge qui monte vers les Eaux Chaudes, que l'on traverse, puis la station d'Artouste. On passe le barrage et le lac de Fabrèges pour poursuivre vers le col du Pourtalet.
    Se garer sur la gauche, environ 1 km avant le col (et la frontière), sous la cabane de l'Araillé (environ 1710 m).

    Du parking (1710 m) au pied de la paroi (2345 m) - 2h15 arrêts compris - environ 6,5 km
    Traverser la route pour prendre la piste blanche qui descend dans le cirque d'Anéou et rejoint le gave. On la quitte rapidement sur la droite, avant d'arriver au pont, pour traverser le gave à gué et monter au N.E. par un très large chemin. Après un bon quart d'heure, on passe à droite de la cabane de Sénescau (1812 m).
    Le chemin s'oriente au Nord et décrit de larges lacets dans la pente pour atteindre le col du Soum de Pombie (environ 2120 m et 3 km - 0h55) et redescendre doucement vers le refuge de Pombie (2031 m), où l'on arrive en 1h20 arrêts compris.

    1521 x 500 (208 K)

    768 x 576 (97 K)

    475 x 768 (141 K)
    Après une pause pour remplir les gourdes, observer un isard qui broute non loin et admirer l'Ossau, nous repartons en direction du col de Suzon. Il faut 15 minutes pour traverser fastidieusement la grande raillère de Pombie, cône de gros éboulis généralement stables descendant du couloir entre le grand et le petit pic d'Ossau.

    768 x 576 (173 K)

    1280 x 506 (248 K)
    Puis le sentier redevient plus agréable et nous arrivons au col de Suzon (2127 m - 5,5 km) en 35 minutes, depuis le refuge.

    Cinq minutes de pause, pour les isards qui broutent dans la pente herbeuse, sous la brèche de Moundelhs, et nous tournons le dos au col pour repartir au S.O. Le sentier se redresse à l'approche de la paroi, et nous atteignons la base de la première cheminée (2345 m) en 20 minutes (depuis le col de Suzon).


    1203 x 500 (161 K)

    768 x 576 (167 K)

    Itinéraire 1024 x 768 (277 K)

    Du pied de la paroi (2345 m) au sommet (2884 m) - 1h45 arrêts compris
    L'ascension débute immédiatement par l'attaque de la première cheminée. Elle est déjà assez encombrée, mais le temps d'enfiler casque et baudrier, et la voie est (presque) libre.
    On en rejoint la base pour tirer rapidement à gauche, où la progression est facile et moins verticale que par le fond, où le rocher est lisse et les prises petites. On doit ensuite revenir à droite après quelques mètres, en traversant des rochers assez lisses également (mais relativement peu pentus) où il faut faire attention, mais on revient assez facilement en haut de la cheminée.

    1024 x 576 (250 K)

    432 x 768 (148 K)
    A la descente : Contrairement à la montée, nous restons dans le fond de la cheminée, dont l'attaque est alors un peu problèmatique (pour moi). J'ai préféré être encordé et bien m'en a pris.

    768 x 576 (240 K)

    432 x 768 (146 K)
    La cheminée passée, on poursuit en diagonale vers la droite. Encore quelques rochers et 15 minutes d'une trace raide, dans la terre et les cailloutis roulants, nous amènent au pied de la deuxième cheminée (environ 2420 m). Nous quittons rapidement le fond pour passer, cette fois-ci, deux ou trois mètres plus à droite, où les prises sont franches et faciles. J'en sors sans presque m'en apercevoir ! Honnêtement, je l'ai trouvée moins problématique que la précédente.

    432 x 768 (171 K)

    576 x 768 (238 K)

    1024 x 576 (309 K)
    au retour : Les rochers empruntés le matin (sur le côté gauche, dans ce sens-là) sont occupés par le rappel d'une cordée nombreuse. Nous descendons donc facilement sur la droite pour trouver un point d'ancrage où François-Luc pose un rappel, et nous défilons un par un dans le fond de la cheminée, qui semble effectivement moins facile par là.

    1024 x 576 (293 K)

    1024 x 576 (254 K)
    On retrouve à nouveau une raide (voire très raide) sente de cailloutis qui continue globalement en traversée vers la droite. On doit se servir des mains de plus en plus souvent et la montée se transforme progressivement en escalade facile.
    On trouve parfois mentionnée une courte cheminée, ou passage intermédiaire à escalader, mais personnellement je ne l'ai pas distingué du reste !
    15 minutes depuis la cheminée précédente nous conduisent au pied d'une pente rocheuse redressée qui prélude à la troisième cheminée. La sente nous amène plutôt sur le côté droit de la pente (mais on peut la quitter avant), et l'on escalade ces rochers faciles en revenant vers la gauche à mesure que le couloir se resserre. Nous rejoignons le bord gauche, où nous nous élevons dans l'ombre d'une petite crête rocheuse. Mais on peut rester plus à droite droite, où la montée est encore plus aisée (c'est d'ailleurs par là que nous redescendrons). L'escalade reste facile, et le couloir se rétrécit petit à petit en cheminée, dont la sortie se redresse. On trouve alors deux barreaux métalliques fichés dans le rocher pour nous aider à franchir les quelques mètres plus verticaux où les prises sont plus rares. On émerge de la cheminée sur la petite terrasse du portillon, où une croix métallique repère le départ de la voie pour la descente (environ 2660 m).

    1024 x 576 (233 K)

    1024 x 576 (283 K)

    1024 x 576 (264 K)
    au retour : Le début quasiment vertical et le passage des barreaux (lisses) demande prudence et attention, mais la suite de la descente est sans problème. Nous nous dirigeons naturellement vers le côté gauche (dans ce sens) du couloir, plus facile que l'autre bord, emprunté à la montée.

    768 x 576 (167 K)

    1496 x 500 (253 K)
    On retrouve ici une sente et des cairns, parfois trop nombreux, et l'on remonte, sans autre problème que la raideur de la pente, la raillère du rein de Pombie, qui paraît bien fastidieuse après l'ascension des cheminées ! Après 25 minutes, on passe en haut d'un couloir d'où la vue est superbe sur la pointe d'Aragon (2715 m) et la pente s'adoucit. On arrive rapidement à gauche de la pointe de France (2878 m). Le sommet est maintenant tout proche, au Sud. Encore une minute et l'on descend de quelques mètres dans une petite brèche en désescaladant des rochers faciles, pour remonter en face et atteindre enfin le grand pic, ou pointe d'Espagne.

    Pic du midi d'Ossau - 2884 m - 4h15 arrêt compris.
    Le pic est assez isolé et, du coup, tout semble loin ! Mais le panorama est immense.


    1024 x 576 (172 K)

    1071 x 500 (238 K)

    768 x 576 (186 K)

    768 x 576 (146 K)

    1996 x 550 (320 K)

    1354 x 550 (187 K)
    Le retour s'effectue par le même chemin, et guère plus vite que la montée en raison des embouteillages et des encordements dans les cheminées.

    Remarques diverses et conseils éventuels
    L'Ossau est, à juste titre, un sommet prestigieux et donc très fréquenté : ne vous attendez pas à jouir de la solitude au sommet ! N'hésitez donc pas à partir à la frontale. Plus tôt vous serez à pied d'oeuvre, mieux cela vaudra.
    Ceux qui ont couché au refuge de Pombie vous auront déjà précédé...

    En remontant le rein de Pombie, il n'est pas inutile de prendre quelques repères car il est facile, à la descente, de filer un peu trop bas et de louper le Portillon !