Le pic d'Aspe (ou pico de la Garganta de Aisa) - 2640 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée réalisée le 27 juin 2015 sur 2 jours
On peut faire l'ascension sur une seule journée au départ de la station de Candanchu, ou même des parkings de Peyrenère ou de Sansannet (mais c'est plus long)
Venant de loin et adepte des soirées en montagne, l'option sur 2 jours s'est imposée naturellement.

L'altitude mentionnée pour le pic varie légèrement selon les cartes et les topos, allant de 2636 à 2645.


Difficultés
Terrain généralement tourmenté et assez compliqué, où sentier et cairns se perdent parfois et où l'on navigue à vue : à ne pas faire par temps de brouillard !
La montée à la brèche d'Aspe oppose des névés assez pentus ou une rampe de cailloutis fuyant (selon la saison) à aborder avec prudence.

Informations générales
Départ : Petit parking de Peyrenère (1405 m) sur la route du col du Somport, en vallée d'Aspe.
Etape : Bivouac au fond du cirque d'Aspe (env. 1990 m)
Matériel : Crampons et piolets peuvent être nécessaires en début de saison, pour la montée à la brèche d'Aspe
Horaire : 3h15 de Peyrenère au fond du cirque d'Aspe, arrêts compris.
2h05 du fond du cirque au sommet.
Dénivellation : 700 m (compte tenu des pertes d'altitude - alt. max ~2050 m) et 7 km pour rejoindre le fond du cirque.
660 m et 2,5 km le lendemain, pour le sommet.

Si on fait l'ascension sur une seule journée, on peut poursuivre à flanc sans descendre au fond du cirque et compter environ 1300 m de dénivelé pour 18/19 km A/R.

Accès routier
D'Oloron, suivre la direction du col du Somport et remonter entièrement la vallée d'Aspe. 500 m avant le tunnel du Somport, prendre à gauche la route du col. Laisser à droite, dans un lacet, le chemin qui descend au parking de Sansannet (1327 m). Un peu au dessus, dans la prairie de Peyrenère (1405 m), on trouve à gauche les bâtiments du centre René Soubret, et à droite ceux de la cabane Pacheux (plus qu'une cabane : une ferme). Se garer là, sur le petit parking en bord de route.

De Peyrenère au fond du cirque d'Aspe - 3h15 - environ 7 km
Rejoindre le routin qui mène à la cabane Pacheux et le suivre sur quelques dizaines de mètres, pour le quitter à droite, au niveau d'un panneau indicateur jaune, et monter sur la petite croupe herbeuse, où l'on recontre un poteau indicateur (2 flèches). On suit cette croupe en avançant au Sud vers la forêt jusqu'à rencontrer un nouveau poteau (encore 2 flèches).

1024 x 763 (378 K)
De là, on redescend à peine vers une échancrure du bois où l'on voit partir le chemin (5 bonnes minutes).
Le sentier monte légèrement sous les arbres avant de devenir quasiment horizontal. Après 25 minutes, on délaisse (panneau) un chemin qui redescend à droite vers Sansannet. On sort enfin de la forêt pour déboucher, en 35 minutes, dans la prairie de Causiat (env. 1540 m), dont on remonte la pente herbeuse vers un petit bouquet d'arbres, à gauche desquels est planté un panneau indicateur jaune. Sur la gauche encore, repartant même un peu en arrière (N.E.) avant de revenir au S.E., on emprunte une piste de ski de fond (piquets rouges par endroits) qu'on suit quelques minutes sans effort, avant de croiser le GR 11 (qui vient du Pas d'Aspe) et de le suivre jusqu'au col de Causiat (1634 m - 50 minutes arrêts compris - Frontière ; grand panneau du parc national), d'où l'on découvre les bâtiments et installations de la station de Candanchu.

1235 x 500 (350 K)
Du col, on passe sur le versant de Candanchu pour suivre une vague piste, à peine en contrebas, qui nous permet de contourner par la gauche un mamelon rocheux. Après 3 minutes, un cairn à droite nous invite à remonter une petite cuvette pour repasser versant français, où l'on trouve un sentier généralement bien marqué et que l'on va suivre désormais (1h00). Il reste en contrebas à droite de la croupe de la Rinconada, et s'élève doucement au S.O, traversant des vallons herbeux tourmentés, parsemés de blocs et d'affleurements rocheux, en direction des falaises, tournant progessivement vers l'Ouest (vers la droite).
1h15 : on atteint quasiment la base des falaises, qu'on va maintenant longer vers l'Ouest. On coupe le ravin creusé par une cascade (1h30) pour passer peu après devant un surplomb formant un abris possible et où suinte un filet d'eau (1h35).

une anecdote étrange : cette cascade assez importante, signalée sur la carte, et que nous avons traversée le samedi après-midi, avait complètement disparu lors du retour, 24h plus tard, nous faisant même douter un instant de nous trouver toujours sur le bon chemin ! Sans doute existe-t-il un captage un peu plus haut ?


1024 x 768 (441 K)

576 x 768 (228 K)

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Quelques minutes après le surplomb, les falaises se transforment en un ressaut franchissable et le sentier, peu évident à cet endroit, tourne brusquement à angle droit vers la gauche (Sud) pour remonter un petit étranglement et franchir le ressaut (1h45 - 1850 m).

576 x 768 (244 K)

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On aborde, à partir de là, une longue pente irrégulière où l'itinéraire se complique un peu : le sentier continue vers la droite (S.O.), dans l'herbe, pour contourner un mamelon de lapiaz. Arrivé à son extrêmité Ouest, il tourne quasiment à 180° et revient à gauche pour aborder une portion plus redressée (trace, cairns). Il faudra se souvenir de ce contournement afin de ne pas se fourvoyer au retour, car la trace est incertaine.

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Itinéraire (441 K)
On franchit ce premier "ressaut" en revenant globalement à droite, pour arriver en haut après 2h15. Un second ressaut lui fait bientôt suite et nous sommes en haut après 2h30 (arrêts compris). Nous voilà au sommet de la longue pente de lapiaz, à environ 2050 m. Nous suivons maintenant cairns et trace dans une cuvette herbeuse (grosso modo vers le Sud ou le S.O.) et dominons bientôt un important ravin, orienté Est-Ouest, où les névés alimentent un ruisseau. Nous y descendons facilement pour traverser le torrent et remonter doucement de l'autre côté. La roche est maintenant plus ocre et l'on s'engage à flanc dans une pente herbeuse parsemée de gros blocs où l'itinéraire se perd un peu, mais ne présente aucune difficulté par temps clair. On passe ainsi sous le sommet modeste de la Table. Nous surplombons le fond de la vallée sans toujours le voir, et l'échancrure du pas d'Aspe apparaît à notre droite.

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Ceux qui veulent faire le pic dans la journée continueront à flanc en essayant autant que possible de ne pas perdre d'altitude afin d'atteindre le bord gauche (Est) du gradin qui domine le fond du cirque d'Aspe
Pour notre part, nous coupons d'autres ravines plus petites en descendant graduellement afin de rejoindre, au fond du cirque, le petit plateau circulaire où nous planterons la tente (1990 m env. - 3h15 depuis le parking, arrêts compris)

1280 x 632 (434 K)

1280 x 615 (182 K)

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Du bivouac au sommet - 2h05 - environ 2,5 km
Nous plions tente et duvets pour les laisser entre deux rochers et traversons le torrent issu du névé pour remonter, plein Est, une pente herbeuse encombrée de gros blocs et regagner l'altitude perdue la veille. Elle nous ramène en 20 minutes dans l'alignement de la brèche d'Aspe, sur le bord Est du gradin qui ferme le cirque. Nous retournons alors progressivement au Sud pour entamer la montée vers la brèche.

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Selon les névés (et selon la confiance qu'ils nous inspirent), le cheminement sera plus ou moins laborieux. La neige occupant encore le fond du vallon, on peut la suivre pour s'épargner de la fatigue. Des cairns assez nombreux s'engagent aussi dans les rochers ou les gros blocs, plus à droite, légèrement en contrehaut des névés. La progression y est plus lente et occasionne de petites descentes-remontées, mais reste sans problème.

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Après une bonne demi-heure de progression plus ou moins laborieuse sur les névés ou dans les gros éboulis généralement stables, nous parvenons, 1h00 après avoir quitté la tente, au pied d'un goulet d'éboulis, une centaine de mètres sous la brèche. Il se remonte le long de la parois de droite, par une rampe redressée de cailloutis fuyant et très instable, ou plus à gauche dans de petits éboulis bruns tout aussi instables. Après 10 minutes désagréables, on sort de ce goulet par la droite et la pente s'élargit. Le terrain se stabilise un peu et l'on atteint la brèche d'Aspe, ou paso de la garganta de Aspe.
2427 m - 1h20 arrêts compris. Une petite pause est la bienvenue !

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De la brèche, on gagne à l'Est la pente du pic d'Aspe, qui se présente comme une montée régulière vers le N.E., dans un terrain mixte d'herbe et de calcaire gris. Les cairns s'éloignent d'abord un peu du bord Ouest (à notre gauche) avant d'y revenir pour ne jamais s'en éloigner beaucoup, et nous débouchons sur le sommet occidental (2599 m) en 20 minutes depuis la brèche.

Remarque : Quelques dizaines de mètres plus bas, on peut bifurquer à droite (Est) et suivre une sente qui file directement à la brèche entre les deux sommets, sans passer par la pointe occidentale ; nous reviendrons par là.


1024 x 768 (441 K)

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De cette première cime, on descend à l'Est dans les rochers, pour rejoindre en 2 minutes une brèche peu profonde. De là, on trouve un peu à gauche une trace assez raide qui monte, toujours dans les rochers (il faut une ou deux fois s'aider des mains, selon le chemin choisi), pour parvenir en 5 minutes au sommet principal.

Pic d'Aspe : 2640m - 2h05 arrêts compris depuis le fond du cirque d'Aspe - Panorama immense


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2014 x 500 (448 K)

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Remarques diverses et conseils éventuels
Au départ du parking de Sansannet : On peut, de ce parking situé légèrement plus bas que Peyrenère, filer vers le pas d'Aspe, ou remonter vers le vallon de Causiat. Le guide Ollivier signalait cependant qu'en 1980, ce dernier sentier était encombré d'arbres.
D'autre part deux randonneuses croisées sous la brèche d'Aspe, et passées par le pas d'Aspe, nous ont dit avoir perdu beaucoup d'énergie et de temps en partant de Sansannet, pour passer laborieusement parmi les arbres tombés...

Le pas d'Aspe est une gorge dont l'escalade est globalement cotée PD, en mauvais rocher (guide Ollivier). J'ai lu ailleurs qu'en début de saison, la cascade pouvait être importante et arroser les rochers, les rendant glissants. Mais si l'on grimpe par là et qu'on ne "sent" pas la descente, on pourra toujours revenir par Causiat, ce qui est plus long, mais sans difficulté.