Pic du Visaurin - 2668 m
Le shéma de la randonnée
Randonnée réalisée pour la dernière fois le 09 juillet 2016.
Cette ascension magnifique, âpre sur la fin sans être difficile, offre des paysages superbes, variés et un panorama grandiose. Les rochers mêmes, au gris teinté de bleu-mauve ou de lie-de-vin, apportent d'inhabituelles touches de couleur.

Nous avons choisi de le gravir au départ de la France, d'où il constitue une très longue randonnée de la journée.
Ayant de la route à faire, nous avons préféré camper à mi-parcours et lui consacrer deux jours et en profiter pour faire une petite boucle autour du lac d'Estaens (ibon de Astanes).
On trouve, au départ d'Espagne, des voies plus courtes.


Difficultés
Pas de difficulté particulière en l'absence de neige. En début de saison, quelques névés pentus et à l'ombre, à l'approche du sommet, peuvent nécessiter l'usage des crampons
Le sentier est parfois peu marqué, mais les cairns sont nombreux.

Remarque : je n'ai pas revu, au retour, les marques orange que je mentionne dans le topo. Les années les ont peut-être partiellement effacées...

Informations générales
Départ : Parking de Sansanet (1311 m) sur la N.134, peu avant le col du Somport.
On passe la bifurcation des Forges d'Abel puis, 1 km après le petit lac d'Anglus et peu avant une épingle de la route, un routin prend sur le côté droit et descend au parking (indiqué).
Etape : Bivouac dans le vallon de Los Sarrios (val des isards), vers 2050 m
Matériel : Pas de matériel particulier en l'absence de neige ; crampons et piolet en début de saison.
Carte IGN Top 25 Aspe-Ossau pour la partie française du parcours. Le Visaurin y est visible, mais ses abords sont peu détaillés.
Horaire : 3h45 du parking au fond du val de los Sarrios, par le chemin d'Espelunguère
2h30 de plus pour le sommet
4h30 du sommet au parking (+ arrêt pour reprendre la tente)
Dénivellation : Environ 850 m le premier jour et 950 m le second (compte tenu des pertes et reprises de dénivelé)

Du parking au lac d'Estaens (1754 m), par le chemin d'Espelunguère - 2h15 (arrêts compris)
On rejoint l'entrée du parking, d'où le chemin descend légèrement vers le gave, que l'on traverse sur une passerelle. Le sentier, bien balisé blancrougeblanc par le Parc National, s'élève en lacets dans la forêt. On trouve plusieurs bifurcations, où des panneaux indicateurs nous donnent la direction
  lac d'Estaens  

Après 20 minutes , on sort de la forêt en arrivant à la vaste prairie de la grange d'Escouret (1413 m) Et l'on trouve tout de suite une bifurcation et un panneau indicateur :
  lac d'Estaens  
pour le sentier de gauche, qui remonte vers la forêt pour aller directement au lac ; C'est par là que nous redescendrons.
  parking d'Espelunguère  
à droite, c'est par là que nous allons.

On passe devant la grange pour rejoindre la petite construction cubique supportant antenne et panneaux solaires : le chemin balisé continue sur sa gauche, puis redescend dans la forêt avant de s'applanir, en arrivant à une minuscule clairière (35 minutes), à l'entrée de laquelle il se sépare : bien suivre les marques s'engageant à gauche sous les arbres.
Le chemin tourne progressicement à l'Ouest et, après une agréable traversée forestière, on émerge dans une longue prairie dont la sortie est dominée, à gauche, par la falaise de Maspêtre (0h50)


1256 x 500 (243 K)
Passée cette falaise, on débouche dans une nouvelle prairie où le chemin commence à descendre. Mais on remarque très vite une trace moins marquée partant sur la gauche, juste sous la lisière des arbres : il faut la prendre car elle nous évite de redescendre. Elle entre à nouveau sous les arbres pour couper la pointe du bois et rejoint le sentier montant d'Espelunguère au lac d'Estaens (1h20).

En ce début d'été 2016, dans les herbes hautes, cette trace était tout à fait invisible (alors qu'on la distinguait tout de même en septembre 2004). Nous avons continué au jugé en direction de la pointe du bois pour finalement retomber sur le sentier
Mais pas d'affolement si vous la manquez : vous rejoindrez simplement le sentier un peu plus bas et aurez une cinquantaine de mètres à remonter
.

Le sentier se fait raide, grimpant maintenant vers le Sud dans la forêt, puis s'adoucit au bout d'un moment en obliquant à nouveau vers l'Ouest. Il finit par sortir des arbres au niveau d'une cabane EDF (1615 m), et suit ensuite une conduite d'eau, dont la canalisation apparaît par endroit (le Dr Boisson, dans son guide de 1938, indiquait déjà qu'il fallait suivre cette canalisation, sans doute beaucoup plus visible alors).
On passe sous une falaise le long de laquelle le sentier s'élève, pour atteindre une petite échelle métallique qui facilite l'accès (Russell n'aurait guère approuvé !) à une corniche sans difficulté. Encore 5 minutes et l'on entre en Espagne au port de Bernère (ou Pas de l'échelle), en débouchant brusquement au dessus du lac d'Estaens.


768 x 576 (116 K)
Itinéraire (117 K)

1089 x 500 (179 K)

Du lac d'Estaens au fond du val de Los Sarrios (environ 2050 m) - 1h30 (arrêts compris)
En 2004 : Depuis son extrêmité Nord, on descend vers le lac et on le contourne par la gauche (rive droite - à l'Est) en suivant dans la pelouse, un peu au dessus des plages de terre rouge, le sentier toujours balisé blancrougeblanc.
Arrivé près de la barre rocheuse qui se dresse au Sud du lac (0h20 arrêts compris), le sentier oblique à gauche (Est) pour passer un col/replat et redescendre vers la France : ce sera notre chemin de retour. A l'entrée de ce replat, un gros cairn signale l'itinéraire de Los Sarrios.

768 x 576 (123 K)
A partir de là, on suit les cairns à droite (Sud) pour commencer à s'élever sur la barre. Des marques rondes orange sont peintes sur les passages clés, dans un sens comme dans l'autre. On retrouve rapidement un sentier bien marqué, qui surmonte la barre en lacets (~1940 m - 0h45 arrêts compris).
On découvre devant nous une longue faille verticale et, à sa droite, l'échancrure qui marque l'entrée du vallon de Los Sarrios. Entre elle et nous, un vallon transversal dans lequel il faut descendre.

1021 x 450 (128 K)
On passe le sommet de la barre, véritable labyrinthe de rochers torturés, tranchants, émergeant partout du sol herbeux (marques orange visibles au retour).
On redescend d'une cinquantaine de mètres dans cet étrange paysage pour gagner le fond plat du vallon transversal (Marmottes), que l'on traverse vers la droite pour rejoindre les lacets montant vers l'échancrure (~2000 m).

En 2016, nous avons contourné le lac d'Estaens par la droite (rive gauche, à l'Ouest), par un sentier dont le début, en corniche, demande de la prudence. Il redescend vers une plage marécageuse que l'on traverse, puis remonte vivement au S.O. dans un petit couloir herbeux. Redoutant de trop monter, nous avons coupé vers le Sud dans un terrain chaotique entrecoupé de barres que nous avons perdu beaucoup de temps à contourner.


1687 x 500 (245 K)
Il doit falloir continuer à monter au S.O., sur le sentier, afin de rattraper le chemin venant de la vallée d'Anso, et alors seulement revenir au S.E.
On remonte ensuite vers l'est, le long du ruisseau, jusqu'au replat herbeux où l'on rejoint l'itinéraire précédent et les lacets montant au Sud vers l'échancrure du vallon de Los Sarrios

Après une vingtaine de minute de montée soutenue, on franchit un petit défilé d'éboulis pour déboucher aussitôt dans le joli vallon de Los Sarrios (où quelques isards qui broutaient levèrent tout juste la tête à notre approche).
Nous gagnons par la droite le fond du vallon, parfois marécageux, pour nous approcher des très belles parois du cirque d'Olibon et bivouaquer près des énormes rochers qui, en Septembre 2004, nous avaient tant bien que mal protégés d'un vent violent. Dans le torrent, qui n'était au début de l'automne qu'un maigre filet d'eau, coule aujourd'hui avec vigueur l'eau des névés qui tapissent encore les parois du cirque.


768 x 576 (194 K)

1024 x 768 (165 K)

1250 x 600 (189 K)
Nous nous élevons un peu le long du ruisseau, où coule un maigre filet d'eau, pour planter la tente sur une petite plate-forme herbeuse que d'énormes rochers protègent sommairement d'un vent violent.
(~2050 m - 1h30 depuis la rive Nord du lac, arrêts compris).

Du vallon de Los Sarrios au sommet - 2h30 (arrêts compris)
Au fond du vallon, le sentier s'élève sur la droite, tournant progressivement à l'Ouest, pour franchir un petit col : le puerto de Bernera (à ne pas confondre avec celui, du même nom, qui domine le lac d'Estaens). Le temps d'observer quelques isards, et l'on découvre enfin, face à nous, le V bien marqué du col de Secus (où l'on ne passera pas), dominé à gauche par le Visaurin, et à droite par la peña des Mediodia (puerto de Bernera, 2115 m - 0h10).

768 x 576 (190 K)

768 x 604 (143 K)
Itinéraire (195 K)
Il faut alors descendre vers l'Est, et nous suivons sentier et cairns en tirant légèrement à gauche pour gagner le Foya de Bernera, vaste plateau gazonné et spongieux (~1960 m), que l'on traverse par la gauche (Sud) pour gagner la base de la montée au col de Secus.
On dépasse une ouverture étroite où descend le ruisseau, et où arrive un chemin montant du Llano Lizara, au Sud, puis on s'élève de quelques mètres au dessus du plateau pour aborder la montée par la gauche, trouvant vite les éboulis. Il vaut mieux, tout compte fait, rester en bas, traverser le torrent, et aller à droite au fond du plateau (0h45), pour trouver des cairns (pas très évidents) et la trace plus facile qui remonte dans l'herbe (nous y sommes passés à la descente) et surmonte un premier ressaut en évitant les éboulis.

768 x 587 (211 K)

1024 x 768 (277 K)

768 x 576 (163 K)
Les cairns nous ramènent alors côté gauche de l'axe du vallon pour grimper vers un nouveau ressaut qui semble barrer la montée, et en haut duquel on débouche dans une longue cuvette au fond plat, mais encombrée de blocs (1h15), que l'on traververse en louvoyant (En 2016, en début de saison, la neige nous a bien facilité la marche)
Devant nous à l'Est, le col de Secus nous domine maintenant directement, mais nous n'irons pas jusqu'à lui : les cairns s'élèvent en effet doucement sur la gauche pour se diriger vers une coulée d'éboulis ocres, descendant du Sud, puis obliquent franchement à gauche juste avant de l'atteindre pour grimper dans l'herbe et les rochers, et se trouver au pied d'une petite cheminée très facile où l'on s'aide des mains.
Continuant maintenant au Sud, on arrive rapidement dans une petite cuvette encaissée, d'aspect sinistre, encombrée d'un chaos d'éboulis que l'on traverse laborieusement (cairns) pour aller remonter, en tirant à droite, un cailloutis raide et fuyant.
En 2016, en début de saison, la neige nous a, là aussi, facilité la tâche jusqu'au fond de la cuvette, où le névé se redressait franchement. Sans crampons, nous somme sortis par les éboulis croûlants, à droite.
C'est avec soulagement que nous atteignons le haut de la cuvette pour émerger enfin au bord d'un vaste vallon d'éboulis gris clair plus petits, orienté Est-Ouest, et où l'on remarque, entaillant la paroi opposée, une remarquable brèche en V.
Il faut ici immédiatement obliquer à droite (Ouest) pour remonter, en bordure de ce vallon, une étroite et raide bande herbeuse où zigzague une sente de terre, en haut de laquelle nous avons trouvé, en 2004, un petit bouquet d'Edelweiss (2h10).

1024 x 768 (244 K)

1024 x 768 (342 K)

1024 x 768 (287 K)

768 x 577 (199 K)

1024 x 768 (258 K)
La sente aborde à nouveau les éboulis (petit col) et revient progressivement au Sud sous l'antécime du Visaurin, qu'elle contourne par la gauche, puis aborde en revenant à l'Ouest (~2654 m - 2h25). On aperçoit, de là, le sommet tout proche à l'Ouest.
On redescend à peine pour trouver une trace cheminant quelques mètres sous l'arête pour rejoindre le somment du Visaurin en quelques minutes (~2668 m - 2h30).

1024 x 768 (325 K)

1280 x 454 (188 K)

1024 x 320 (116 K)

1870 x 400 (183 K)

Retour au parking de Sansanet
Devant récupérer nos affaires, qui nous attendent derrrière un rocher dans le val de Los Sarrios, nous revenons par le même itinéraire, guère plus vite qu'à l'aller (2h15) en raison de la nature du terrain, du vent toujours violent et de la remontée vers le cirque d'Olibon.

991 x 400 (190 K)

1024 x 401 (183 K)
On sort du vallon de Los Sarrios pour descendre dans le vallon transversal, que l'on traverse en tirant à droite pour remonter le ressaut nous séparant du lac d'Estaens (cairns, marques orange) et descendre à nouveau pour rejoindre le sentier balisé blancrougeblanc au niveau du gros cairn marquant notre itinéraire.

Nous ne rejoignons pas la rive Nord et le chemin de l'aller, mais traversons le replat vers la droite (Est), sur un chemin couleur de terre battue, pour descendre directement dans de vastes pentes herbeuses vers le parking de sansanet.


1280 x 490 (218 K)
Après une demi-heure, on traverse un petit replat où coule un ruisseau, et au bout duquel on délaisse, partant à droite, la bifurcation du GR11, pour entrer bientôt dans la forêt et rejoindre, en larges lacets, le chemin de l'aller au niveau de la grange d'Escouret.